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Parmi les
groupes de synth-pop du début des années 2000, Vitesse tient une place à part
et ceux qui ont goûté aux plaisirs doux et raffinés de cette brève discographie
ne peuvent l'oublier. Ce duo composé de Hewson Chen et Joshua Klein – deux
étudiants qui ont essuyé les mêmes bancs lors de cours de composition à
l'Université de Chicago – fut à l'origine de quatre albums conçus sous le
patronage de OMD, New Order et The Magnetic Fields, autant de trésors
incroyablement mésestimés et que le temps n'a nullement abîmé. Depuis l'ultime You
Win Again, Gravity! (2002), le silence de Hewson Chen paraissait témoigner
d'une retraite beaucoup trop précoce, jusqu'à ce qu'on ne découvre The New Lines,
un projet alors exclusivement destiné à une centaine de fans sur le réseau
social (quasi défunt) MySpace. Très bien avisé, le label digital français Beko
DSL se fit l’écho d'un premier single où le chanteur à la voix de velours
semblait lorgner vers John Barry et Stereolab. Quelques EP plus tard (dont un
récent partagé avec Still Corners), All That We See And Seem poursuit
dans cette veine nostalgique et prometteuse avec une production plus soignée.
Tout ce qu'on appréciait des joyaux de Vitesse se retrouve lié en un nouveau modèle, unis dans un psychédélisme délicieusement baroque. De la finesse mélodique à la qualité de l'écriture (dès le titre de l'album qui rappelle la science dont fait montre le chanteur qui avait joliment nommé un précédent recueil What Can Not Be But Is…) en passant par cette voix masculine d'une élégance rare (l'une des plus belles de la pop moderne), les ingrédients qui faisaient le charme de cette fausse formation des années 80 se rencontrent à nouveau dans un sublime pastiche pop et expérimental de la fin… 60. La ballade A Hunter's Penance évoque la délicatesse champêtre de l'album Tomorrow Come Someday (1969) et The Free Design. Stain Theory rappelle les mêmes influences que le Broadcast des débuts. On songe au John Barry de la période Swinging London en écoutant la sublime The Year Of Nines. Et les trois pièces transitoires et instrumentales nommées Incidental offrent un volet expérimental et cinématographique, comme un hommage aux grands chercheurs de ces années riches en génies loufoques. All That We See And Seem est une vraie réussite, un disque lumineux, simple d'apparence, fait dans un style difficile qui ne tolère que la grâce et où tant se sont cassé les dents. L'attente fut longue mais les trouvailles sont exquises.
Tout ce qu'on appréciait des joyaux de Vitesse se retrouve lié en un nouveau modèle, unis dans un psychédélisme délicieusement baroque. De la finesse mélodique à la qualité de l'écriture (dès le titre de l'album qui rappelle la science dont fait montre le chanteur qui avait joliment nommé un précédent recueil What Can Not Be But Is…) en passant par cette voix masculine d'une élégance rare (l'une des plus belles de la pop moderne), les ingrédients qui faisaient le charme de cette fausse formation des années 80 se rencontrent à nouveau dans un sublime pastiche pop et expérimental de la fin… 60. La ballade A Hunter's Penance évoque la délicatesse champêtre de l'album Tomorrow Come Someday (1969) et The Free Design. Stain Theory rappelle les mêmes influences que le Broadcast des débuts. On songe au John Barry de la période Swinging London en écoutant la sublime The Year Of Nines. Et les trois pièces transitoires et instrumentales nommées Incidental offrent un volet expérimental et cinématographique, comme un hommage aux grands chercheurs de ces années riches en génies loufoques. All That We See And Seem est une vraie réussite, un disque lumineux, simple d'apparence, fait dans un style difficile qui ne tolère que la grâce et où tant se sont cassé les dents. L'attente fut longue mais les trouvailles sont exquises.
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