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Ceux qui ont vu un jour At The Drive-In en concert gardent sûrement le souvenir ému d'avoir pris une réelle claque. Déployant jusque dans son jeu de scène un hardcore lettré et flamboyant, le quintette originaire d'El Paso, Texas, fut sans conteste la révélation rock de la fin des années 90 avec In/Casino/Out, son plus bel album. De même que tous les splits de groupes importants comme Pixies et Pavement n'ont débouché que sur des succédanés un peu vain de leur musique, la fin d'At The Drive-In laissait planer quelques doutes. Alors que d'un côté Sparta semble maintenir le cap vers un rock bruyant et enragé, le nouveau projet du chanteur Omar Rodriguez et du guitariste Cedric Bixler marque une rupture décisive plus ou moins heureuse. Considérant sa précédente formation comme trop heavy et pas assez mature (!), le duo The Mars Volta se jette donc à corps perdu dans une marmite rock psyché-progressif, certes surprenante mais pas du tout convaincante. Si le titre d'ouverture, Televaders, rappelle les climats orageux de Aladdin Sane de Bowie, et si les breaks syncopés de Eria Tarka nous ramènent à une grandeur passée, le reste de le disque se perd tout du long en soli poussifs vaguement dissonants, entrecoupés de montées de fièvre synthétique et de vocalises triturées qui finissent par lasser. Dans les pires moments, on croirait entendre du hard rock FM à la Metallica. Ceux qui ont vu un jour The Mars Volta en concert regretteront sûrement de ne pas être partis en courant.
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