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"I think it's over now/I think it's beginning", chante (si l'on peut appeler cela chanter) l'inusable Mark E. Smith dès les premières mesures de ce vingt-sixième album de The Fall en... vingt-huit ans d'activité. De fait, comment mieux décrire l'incroyable parcours que continue de tracer le cultissime combo post-punk entre régularité discographique et chaotiques changements de line-up ? Smith, seul membre originel, opère ici avec une formation inédite, recrutée au sein de The Hill et Darker My Love. Curieusement, malgré ces mouvements de personnel, Reformation Post TLC s'inscrit à l'évidence dans la veine sonique de ses deux prédécesseurs (The Real New Fall Lp et Fall Heads Roll), à savoir un condensé de colère et d'obsessions retorses à la mode garage psyché mariant fuzz et technologie. S'il y manque un single infaillible tel que Sparta FC, la dernière livraison de The Fall brille somme toute par sa diversité thématique : on y trouve à la fois une très touchante reprise country (White Line Fever de Merle Haggard) et neuf minutes de bruits électroniques et d'onomatopées crétines (Das Boat). Du riff robotique et du lick rock'n'roll. Des titres qui expriment le regret (Scenario), d'autres qui règlent méchamment leur compte à d'anciens membres du groupe (Reformation!). Certes, Mark E. Smith s'est depuis belle lurette imposé en icône intouchable autant qu'inimitable de l'Histoire du rock. Mais qu'à presque soixante ans, physiquement ravagé, cet angry old man ne se décide pas à calmer ses ardeurs relève désormais de l'exploit.
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