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Même le plus rock’n’roll des auditeurs n’écoute pas
The Brian Jonestown Massacre sans éprouver à chaque fois un sentiment
violemment mêlé, entre râle vigoureux et embarras. Personnage tonitruant et
pathétique, interpellant et infréquentable, Anton Newcombe reste l’incarnation,
même si de plus en plus endommagée la quarantaine aidant, de cette table des
lois antédiluvienne qui intime de séparer l’idée de la musique de celle du
confort. Énième Colonel Kurtz néo-psychédélique perdu dans ses divagations pour
régner sur un parterre de ruines, seul, terriblement seul, mais parfois épaulé
par l’une de ces copines, groupies ou infirmières dont regorgent les backstages
du monde entier, il jette aujourd’hui à la face indifférente de l’industrie
l'approprié My Bloody Undergound. On
n’attendait pas moins de lui qu’il n’emboîte aucunement sur le succès de Dig! (2004) d’Ondi Timoner, puisqu’il
s’agit du premier véritable album du BJM depuis cinq ans.
Il a préféré partir à la cueillette aux champignons magiques avec ses nouveaux futurs ex-amis islandais et engager Mark Gardener (Dieu que l’ex-Ride a le don de choisir les voies les plus incertaines !) pour une production early 90’s déjà malaxée sur les premiers disques de The Brian Jonestown Massacre, justement parus à cette époque. Nouveau cauchemar éveillé mixé par Mark Gardener (Ride), My Bloody Undergound débute avec Bring Me The Head Of Paul McCartney On Heather Mill’s Wooden Peg, le genre de joke coutumière que seul un vétéran peut savourer, mais qui désolera tous les autres. Ces huit minutes avancent comme un animal blessé. La suite est à l’avenant, en lambeaux et souvent magnifique sur près d’une heure et vingt minutes. Pourtant, si on retirait l’un des fragments qui le composent, ce disque s’écroulerait vraiment car bon nombre d’instrumentaux, dispensables à première écoute, confèrent à l’album sa coloration aqueuse.
L’enregistrement s’est déroulé en partie à Reykjavík, et Anton Newcombe se fend notamment d’une composition de cinq minutes sur un piano accordé par un autochtone qui a gardé ses moufles. Cet exercice précaire pourrait tourner sinon au ridicule, du moins au néant, mais révèle une fulgurance intacte chez son auteur. Celui-ci vous crachera de toute façon au visage, que vous écoutiez ou non son disque. Représentant de cette fratrie étrange qui certifie que le rock’n’roll est un truc dangereux et inapte aux gamins, mais continue de se comporter avec panache de la plus puérile des façons, il reste capable d’une flamboyance intermittente mais irrécusable, à la manière d’un feu follet.
Il a préféré partir à la cueillette aux champignons magiques avec ses nouveaux futurs ex-amis islandais et engager Mark Gardener (Dieu que l’ex-Ride a le don de choisir les voies les plus incertaines !) pour une production early 90’s déjà malaxée sur les premiers disques de The Brian Jonestown Massacre, justement parus à cette époque. Nouveau cauchemar éveillé mixé par Mark Gardener (Ride), My Bloody Undergound débute avec Bring Me The Head Of Paul McCartney On Heather Mill’s Wooden Peg, le genre de joke coutumière que seul un vétéran peut savourer, mais qui désolera tous les autres. Ces huit minutes avancent comme un animal blessé. La suite est à l’avenant, en lambeaux et souvent magnifique sur près d’une heure et vingt minutes. Pourtant, si on retirait l’un des fragments qui le composent, ce disque s’écroulerait vraiment car bon nombre d’instrumentaux, dispensables à première écoute, confèrent à l’album sa coloration aqueuse.
L’enregistrement s’est déroulé en partie à Reykjavík, et Anton Newcombe se fend notamment d’une composition de cinq minutes sur un piano accordé par un autochtone qui a gardé ses moufles. Cet exercice précaire pourrait tourner sinon au ridicule, du moins au néant, mais révèle une fulgurance intacte chez son auteur. Celui-ci vous crachera de toute façon au visage, que vous écoutiez ou non son disque. Représentant de cette fratrie étrange qui certifie que le rock’n’roll est un truc dangereux et inapte aux gamins, mais continue de se comporter avec panache de la plus puérile des façons, il reste capable d’une flamboyance intermittente mais irrécusable, à la manière d’un feu follet.