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La
musique de The Books est scientifiquement détraquée et belle au quantum près. Tel
un allégorique entonnoir Büchner dans lequel gargouille un bataillon de pinces
coupantes, becs Bunsen, scalpels, pipettes, béchers, manomètres, et mille
autres bitoniaux en tous genres qui sévissent comme autant de micro-organismes
prêts à agir au moindre picotement. Déversez-y
des séquences orales et des sonorités hétérogènes piochées dans une
brocante universelle, quelques notes jouées avec le goût de l’épure, un sens du
contre-courant inné, il en ressortira une œuvre inclassable et passionnante,
avant-gardiste et ensorcelante, contemporaine et millénaire. Du folk séculaire
accouché à la force du chaos, de l’électronique palpitante générée par souci de
déviance, ou les deux à la fois. Après trois albums du genre qui trahissaient
un épanouissement régulier, avec comme fil conducteur des voix chantées de plus
en plus respectées, The Way Out
consacre en quatorze titres les capacités mutantes de Nick Zammuto et Paul de
Jong. Si l’expérience se partage toujours entre entrechoquements des bruits,
césures dans la partition et accalmie sensitive, la doublette pousse dans ses
retranchements sa logique à deux faces.
Les tumultueux coups de pression bourrés de sons de basse I Didn’t Know That, A Cold Freezin’ Night et I Am Who I Am embringuent ainsi The Books dans une inhabituelle java rythmique où le groove warpo-acoustique se génère comme par sorcellerie sur un amas de bleeps séditieux et de saccades soniques. À l’opposé, All You Need Is A Wall, We Bought The Flood, et surtout Free Translator sanctifient The Books en renversants sculpteurs de grâce, tricotant des ritournelles languissantes et lambrissées qui se lovent dans la soie des mélodies et s’anoblissent sur un plancher de fines orchestrations. Ailleurs, un entre-deux génial bouboule (Beautiful People), un interlude riche en leurres émerveille (IDKT et sa fausse fanfare de cuivres), ou des types à la voix tranquille incitent à se détendre la nouille comme un satyre invite le mioche à tâter sous le manteau (Group Autogenics, Chain Of Missing Links). Mais il est vain de vouloir cerner en quelques mots ce geyser créatif, tant les agréments sont infinis, et tant leur perception se révèle au fil des écoutes. Même en ajoutant une phrase sur l’utilisation drolatique des cassettes extirpées du Talkboy, ce magnéto gadget popularisé par Macaulay Culkin dans Maman J’Ai Encore Raté L’Avion, les 2536 signes obtenus ne suffisent pas. Il faudrait un bouquin entier, tiens.
> The Way Out en écoute intégrale via NPR :
Les tumultueux coups de pression bourrés de sons de basse I Didn’t Know That, A Cold Freezin’ Night et I Am Who I Am embringuent ainsi The Books dans une inhabituelle java rythmique où le groove warpo-acoustique se génère comme par sorcellerie sur un amas de bleeps séditieux et de saccades soniques. À l’opposé, All You Need Is A Wall, We Bought The Flood, et surtout Free Translator sanctifient The Books en renversants sculpteurs de grâce, tricotant des ritournelles languissantes et lambrissées qui se lovent dans la soie des mélodies et s’anoblissent sur un plancher de fines orchestrations. Ailleurs, un entre-deux génial bouboule (Beautiful People), un interlude riche en leurres émerveille (IDKT et sa fausse fanfare de cuivres), ou des types à la voix tranquille incitent à se détendre la nouille comme un satyre invite le mioche à tâter sous le manteau (Group Autogenics, Chain Of Missing Links). Mais il est vain de vouloir cerner en quelques mots ce geyser créatif, tant les agréments sont infinis, et tant leur perception se révèle au fil des écoutes. Même en ajoutant une phrase sur l’utilisation drolatique des cassettes extirpées du Talkboy, ce magnéto gadget popularisé par Macaulay Culkin dans Maman J’Ai Encore Raté L’Avion, les 2536 signes obtenus ne suffisent pas. Il faudrait un bouquin entier, tiens.
> The Way Out en écoute intégrale via NPR :