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Peter Silberman perd sa petite amie d’un cancer. Il souffre.
Beaucoup. Et publie un disque. Les histoires sombres inspirent-elles les bons
albums ? Pas toujours. Mais elles fournissent au chroniqueur une introduction
pratique. Ainsi donc, Pete Silberman, âme blessée du trio new-yorkais The
Antlers, signe un Lp consacré à l’agonie, puis au deuil d’un être cher.
Sorti dans l’ombre, cette œuvre cathartique aurait pu, aurait dû disparaître, ne touchant que quelques dizaines de cœurs un peu voyeurs. Ironie du sort, le label Frenchkiss (Passion Pit, Cut Off Your Hands), touché de plein fouet par cette douleur mise en musique, décide de ressusciter ces dix chansons. À vrai dire, l’impudeur glaciale des textes de Silberman et une ressemblance vocale frappante (quoique sporadique) avec Antony Hegarty auraient tendance à nous faire fuir. Sans parler d’une propension malheureuse à la grandiloquence maladroite (insupportable Sylvia). Pourtant, de cet Hospice émane une étrangeté qui balaie nos réserves. Car ces états d’âmes sont moins étalés au grand jour que perdus dans une brume musicale du plus bel effet.
Pour son auteur, le format chanson est un véritable carcan. Que l’Américain détruit et délaisse, préférant égarer l’auditeur d’un intitulé à l’autre : citons Bears, pop song imparable de brièveté et de justesse, qui finit trempée sous une vague de guitares aquatiques, de soupirs et de plaintes lancinantes. La marée se retire, ne laissant sur le rivage que Thirteen, où les voix d’angelots égrénent des mélodies inachevées. Ce procédé déroutant confère à ce disque bancal une séduisante singularité, pas loin de l’univers de His Name Is Alive. Belle surprise.
Sorti dans l’ombre, cette œuvre cathartique aurait pu, aurait dû disparaître, ne touchant que quelques dizaines de cœurs un peu voyeurs. Ironie du sort, le label Frenchkiss (Passion Pit, Cut Off Your Hands), touché de plein fouet par cette douleur mise en musique, décide de ressusciter ces dix chansons. À vrai dire, l’impudeur glaciale des textes de Silberman et une ressemblance vocale frappante (quoique sporadique) avec Antony Hegarty auraient tendance à nous faire fuir. Sans parler d’une propension malheureuse à la grandiloquence maladroite (insupportable Sylvia). Pourtant, de cet Hospice émane une étrangeté qui balaie nos réserves. Car ces états d’âmes sont moins étalés au grand jour que perdus dans une brume musicale du plus bel effet.
Pour son auteur, le format chanson est un véritable carcan. Que l’Américain détruit et délaisse, préférant égarer l’auditeur d’un intitulé à l’autre : citons Bears, pop song imparable de brièveté et de justesse, qui finit trempée sous une vague de guitares aquatiques, de soupirs et de plaintes lancinantes. La marée se retire, ne laissant sur le rivage que Thirteen, où les voix d’angelots égrénent des mélodies inachevées. Ce procédé déroutant confère à ce disque bancal une séduisante singularité, pas loin de l’univers de His Name Is Alive. Belle surprise.
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