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Ce soir-là, on était venu voir South. Avec les copains. Et
l’on découvrit Tender Forever. Avec effroi. Durant ce concert criant
d’indécence, Mélanie Valera déploya la panoplie de
« l’artiste-écorchée-vive » avec une maladresse crasse (ou un
machiavélisme acéré) : voix suppliciée, regard épileptique, visage rongé
par les mimiques souffreteuses, essoufflement simulé, spasmes incessants,
interlude benêt etc. La seule éminence de Tender Forever en faisait trop,
arguant d’une pose emphatique en total décalage avec l’electro claudicante qui
surgissait de modestes machines. Près d’un an plus tard, le souvenir de cette
prestation obscène bouillit au moment d’écouter le deuxième album de la
Française. Mais, heureusement, dénuée de sa gymnastique corporelle, la musique
de Tender Forever s’avère plus touchante.
Apparaissant parfois comme une réplique mineure à l’immense Elephant Eyelash (2004) de Why? (les phrasés éruptifs et les voix dédoublées de Well I Can Take It ou Heartbroken Forever), l’électro-pop mutine et mâtinée d’arrangements sibyllins de Mélanie Valera surprend par sa propension à décoller du néant, à dessiner de tendres mélodies sur un sable sonore friable, à s’accommoder avec aplomb de sa propre fragilité. Malgré des textes fichtrement simplistes, et même si l’écueil de la complaisance lo-fi menace, Widerse révèle donc assez sincère pour annihiler l’impitoyable vindicte. Reste à savoir si la musicienne parviendra à étouffer ses pulsions, à partager ses émotions par la simple musique plutôt qu’en exhibant artificiellement ses états d’âme. Pour que, aux yeux d’autrui, son cœur, soudain vide de tourments, héberge un torrent de compassion.
Apparaissant parfois comme une réplique mineure à l’immense Elephant Eyelash (2004) de Why? (les phrasés éruptifs et les voix dédoublées de Well I Can Take It ou Heartbroken Forever), l’électro-pop mutine et mâtinée d’arrangements sibyllins de Mélanie Valera surprend par sa propension à décoller du néant, à dessiner de tendres mélodies sur un sable sonore friable, à s’accommoder avec aplomb de sa propre fragilité. Malgré des textes fichtrement simplistes, et même si l’écueil de la complaisance lo-fi menace, Widerse révèle donc assez sincère pour annihiler l’impitoyable vindicte. Reste à savoir si la musicienne parviendra à étouffer ses pulsions, à partager ses émotions par la simple musique plutôt qu’en exhibant artificiellement ses états d’âme. Pour que, aux yeux d’autrui, son cœur, soudain vide de tourments, héberge un torrent de compassion.
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