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Parmi les plus
éminentes émanations de l’after punk, Television Personalities a marqué les
esprits, et surtout les cœurs, par sa constance à peu près unique à jouer
d’approximations musicales souvent proches du coup de génie. Surtout pour ce
qui concerne la décennie 80, avec les incontournables And Don’t The Kids Just Love It (1981) et The Painted Word (1984), deux chapitres importants dans l’histoire
de la musique de cancres dissidents. Si Dan Treacy a truffé ses chansons à la
fois puissantes et chétives, cyniques et profondément humaines, de références
en tout genre, c’est qu’il s’est toujours comporté en observateur acide de la
culture pop de son époque. L’un de ses tout premiers singles, le bien nommé Part Time Punks, sonnait déjà le glas
d’un mouvement rattrapé par l’industrie : “They play their records very loud/And pogo in the bedroom in front of
the mirror/But only when their mums gone out”. En ouvrant ce nouvel album par l’éponyme
et nostalgique A Memory Is Better Than
Nothing, Dan Treacy abat directement sa carte maîtresse et nous renvoie à
ce qu’il y a de plus troublant chez lui : l’art de fusionner la pureté
d’une mélodie imparable au chant brinquebalant de monsieur tout le monde.
Ce retour sur lui-même lui permet de s’élever au-dessus du ratage de My Dark Places (2006) pour témoigner une fois encore de sa passion pour les Beatles (She’s My Yoko), tout en glissant doucement sur son versant introspectif avec une gravité qui fait piquer les yeux (Funny He Never Married, Come Back To Bed). Mais ces moments de grâce n’occultent pas les élucubrations d’ivrogne noyées dans un folk anodin (Except For Jennifer) ou dans une bouillie électrique interminable (My New Tatoo). Comme le frère d’armes anglais de Mayo Thompson et son Red Krayola, Dan Treacy continue son épopée tragicomique de Don Quichotte de la pop sur qui les années n’ont aucune prise : si la drogue, la prison et l’infamie ont eu raison de sa santé mentale, son art de punk à temps partiel demeure d’une liberté exemplaire. Et tant pis pour les mauvaises passes : un (beau) souvenir, c’est toujours mieux que rien.
Ce retour sur lui-même lui permet de s’élever au-dessus du ratage de My Dark Places (2006) pour témoigner une fois encore de sa passion pour les Beatles (She’s My Yoko), tout en glissant doucement sur son versant introspectif avec une gravité qui fait piquer les yeux (Funny He Never Married, Come Back To Bed). Mais ces moments de grâce n’occultent pas les élucubrations d’ivrogne noyées dans un folk anodin (Except For Jennifer) ou dans une bouillie électrique interminable (My New Tatoo). Comme le frère d’armes anglais de Mayo Thompson et son Red Krayola, Dan Treacy continue son épopée tragicomique de Don Quichotte de la pop sur qui les années n’ont aucune prise : si la drogue, la prison et l’infamie ont eu raison de sa santé mentale, son art de punk à temps partiel demeure d’une liberté exemplaire. Et tant pis pour les mauvaises passes : un (beau) souvenir, c’est toujours mieux que rien.