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Dans la petite boutique des horreurs quotidiennes du crew parisien Stupeflip, on y trouve à peu près tout ce qui est absent de la musique bien française, toutes chapelles confondues: un sens inhabituel de l'humour et de la déconne, une schizophrénie complètement assumée, une méchanceté inouïe. Les concerts donnés par le trio, entre parade grotesque et cirque macabre, étaient une véritable prise d'assaut punk de la bienséance du live, qui s'achevaient parfois dans un tonnerre d'insultes réciproques entre le groupe au bord de l'épuisement et son public médusé. Comme son prédécesseur, Stup Religion est une immersion totale dans la chambre d'enfant dérangé et inadapté de Julien Barthélémy, où rap, rock et variétoche subissent les pires détournements. Faut-il être maso pour souscrire aux préceptes de cette religion de la rupture totale, du cynisme et de l'autodérision? Non, car derrière les déguisements en peluches éventrées et les coups de provoc' bien envoyés ("Maître, pourquoi les majors rendent leur contrat à certains artistes en ce moment?/Parce qu'ils ne vendent pas assez de disques mon garçon!"), il y a une sincérité qui fait mouche. Loin des clichés du hip hop et de ses histoires de gros calibres, loin des jeunes nantis de cette satanée "nouvelle chanson française", Stupeflip aborde des sujets autrement plus dérangeants qui nous replongent dans les cauchemars de l'enfance solitaire (L'Enfant Fou), où seuls les tortues d'eau et les chiens aveugles étaient une source de réconfort (35 Animaux Morts). Irréconcilié avec à peu près tout ce qui l'entoure jusqu'à la parano, passant du chant d'un porc qu'on égorge (Le Cartable) aux mélodies boutonneuses de Green Day (Pop Hip's Revenge), Julien Barthélémy souffle le chaud et le froid, sème le trouble et l'effroi... Et l'improbable se produit: il a gagné notre sympathie!