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Stuck In The Sound peut désormais tutoyer ses pères et se cherche des pairs”, écrivait-on plein de foi, à la sortie de l'impressionnant Shoegazing Kids (2009). Impossible d'employer ces mots aujourd'hui. On reste tout simplement bouche bée devant tant d'indigence. Passait encore la chanson-titre. Lancée en single avant-coureur, hybridant hard rock et ballade sirupeuse, elle servait de prétexte à un clip revisitant les comédies et films d'action des eighties. Une vidéo clinquante et bien fichue. Ne reste ici que le clinquant. On a retourné le problème dans tous les sens, pour traverser plusieurs états. On fut d'abord circonspect devant l'opportunisme ranci – cette pochette pompée sur Skying (2011) de The Horrors, le wagon afropop pris en marche (September). Puis affligé par ce déluge de guitares criardes, de mélodies de peu, de chansons de rien, qui tenaient juste à l'hystérie plastique. Puis on a brièvement ressenti de la colère à l'égard de José Reis Fontao : éreintantes, ses vocalises haut perchées saccagent le peu de compositions valables ici.

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Mais on s'est finalement repris. Pour demeurer coi devant le manque de discernement de Stuck In The Sound. Les Parisiens auraient sans doute souhaité réaliser le même hold-up que The Strokes, dont le rock arrogant et outrancier ne commet pas le moindre faux-pas depuis dix ans. Mais si le groupe de Julian Casablancas est parvenu, en quatre albums, à nous faire avaler et foutument adorer ses rêves de grandeur, de titres surécrits et surproduits, Stuck In The Sound s'échine à gonfler, durant quarante-trois longues minutes, une baudruche inutile qu'on souhaiterait voir s'envoler très loin. Alors, sans désarroi ni colère, on dit juste adieu à ceux qu'on avait pris pour un bel espoir. Tant pis.
Thibaut Allemand
MAGIC RPM  #159

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