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Sur une
quinzaine d’années d’agitation lo-fi au compteur, le duo franco-berlinois
Stereo Total s’est construit une discographie volontairement brouillonne et
désinvolte comme un rempart contre les modes successives qu’ils ont traversées.
À tel point que leur musique fonctionne moins sur une quelconque évolution du
style que sur la perpétuation d’un univers rétrofuturiste, baroque (& roll)
qui n’appartient qu’à eux. Si la France a jusqu’ici boudé son plaisir, c’est
que Stereo Total et son humour ravageur ont toujours été perçus par la brigade
des mœurs musicales comme des clowns marginaux qui jouent mal et qui chantent
faux.
À la différence de Musique Automatique (2001) et Do The Bambi (2005) qui s’essayaient timidement à une production plus consistante, Paris Berlin est un retour aux sources vers la spontanéité des premiers enregistrements, évoquant même sur Plastic, Patty Hearst et Küsse Aus Der Hölle Der Musik le combo punk féministe de Françoise Cactus, les piquantes Lolitas. Ce sixième Lp rassemble une fois de plus jeux de mots savoureux et mélodies parfaites (Miss Rébellion Des Hormones, Lolita Fantôme), electro guillerette de bas étage (Mehr Licht) et plantade sans conséquence (Chewing Gum), mais c’est bien dans ce dangereux équilibre entre déconnade facile, name-dropping et déclarations subtiles (“Heterosexuality is the opium of the masses/Give up your bourgeois fixation on monogamy and fidelity”, sur Revolution Baby) que le charme continue d’opérer.
Au moment où on était près de leur claquer la porte au nez pour n’avoir pas changé d’un iota une formule qui a fait son temps, on se surprend à fredonner les chansons miniatures de ce beau couple d’inadaptés. Mais peut-être est-on arrivé au bout d’un cycle. Stereo Total devra forcément un jour ou l’autre reconsidérer sa manière d’enregistrer sa musique, s’il ne veut pas que ses mécanos pop finissent par perdre de leur attractivité, définitivement attaqués par la rouille.
À la différence de Musique Automatique (2001) et Do The Bambi (2005) qui s’essayaient timidement à une production plus consistante, Paris Berlin est un retour aux sources vers la spontanéité des premiers enregistrements, évoquant même sur Plastic, Patty Hearst et Küsse Aus Der Hölle Der Musik le combo punk féministe de Françoise Cactus, les piquantes Lolitas. Ce sixième Lp rassemble une fois de plus jeux de mots savoureux et mélodies parfaites (Miss Rébellion Des Hormones, Lolita Fantôme), electro guillerette de bas étage (Mehr Licht) et plantade sans conséquence (Chewing Gum), mais c’est bien dans ce dangereux équilibre entre déconnade facile, name-dropping et déclarations subtiles (“Heterosexuality is the opium of the masses/Give up your bourgeois fixation on monogamy and fidelity”, sur Revolution Baby) que le charme continue d’opérer.
Au moment où on était près de leur claquer la porte au nez pour n’avoir pas changé d’un iota une formule qui a fait son temps, on se surprend à fredonner les chansons miniatures de ce beau couple d’inadaptés. Mais peut-être est-on arrivé au bout d’un cycle. Stereo Total devra forcément un jour ou l’autre reconsidérer sa manière d’enregistrer sa musique, s’il ne veut pas que ses mécanos pop finissent par perdre de leur attractivité, définitivement attaqués par la rouille.