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Après avoir vendu plus d'un million de Love Is Here, premier essai pourtant guère transcendant sorti voici deux ans, cet énième quatuor britannique doit affirmer sa personnalité tout en confirmant son succès initial, chose pas facile pour qui vient de Wigan, la ville d'origine de The Verve, tient son nom d'une chanson de Tim Buckley, père de l'autre, et boxe grosso modo dans la même catégorie que le Coldplay de Parachutes. En ouverture, Music Was Saved sonne comme James au début des années 90, mais Fidelity puis Some Of Us mettent définitivement la puce à l'oreille tant James Walsh, son chanteur et compositeur principal, sait trousser une jolie mélodie au piano. Certains pourront être rebutés par son emphase, mais les plus jeunes seront ravis de comprendre tout ce que le monsieur chante sur l'amour. Ses deux compositions produites par le légendaire Phil Spector avant que la justice américaine ne s'intéresse trop à lui pour la sombre histoire de meurtre d'une starlette hollywoodienne, soit le morceau-titre et White Dove, ne déçoivent pas. Si par le plus grand des hasards Spector déclarait forfait pour une prochaine fois, John Leckie, seulement responsable ici de Shark Food, serait bien avisé de délaisser le monstre tricéphale Muse en face duquel ses états de service (de Pink Floyd à Radiohead en passant par The Stone Roses) ne suffiront pas à le sauver à l'heure du jugement dernier. Une heure pas encore venue pour Starsailor bien parti pour doubler son capital de disques écoulés, avec ou sans la France.
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