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Derrière Spectrals se cache Louis Jones, originaire d'un petit coin du Nord britannique nommé Heckmondwike, près de Leeds. À une vingtaine d’années et quelques premières parties remarquées pour Girls ou Real Estate, il a baigné au milieu des disques des Stones et d'Elvis Costello. Produit par l’ex-Spacemen 3 Richard Formby, Bad Penny (2011) s'inscrit dans la lignée de ces productions de songwriters qui, marqués par une relation amoureuse insatisfaite, promettent de refaire surface par des compositions gaillardes et réconfortantes. Louis Jones, soucieux de faire bonne figure sans trop taper dans l'œil, oublie qu'une bonne histoire nécessite certains rebondissements. Les onze titres suivent le même schéma guitare-basse-batterie, moins dandy que flegmatique.

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Get A Trip ou encore You Don't Have To Tell conduisent vers une ballade pas désagréable mais quelque peu figée : les chemins empruntés sont plaisants mais au bout d'un énième passage, on se dit qu'on tourne peut-être en rond. Le beau grain de voix affiché rappelle la nonchalance distinguée du prodige Alex Turner (l'élégance en moins). Élancé et appliqué, il distille un swing sympathique et jovial, servi par un jeu de guitare de bonne facture (Big Baby, Doing Time). L'ensemble, sans fioritures mais trop hiératique, paralyse dans une position souvent mollassonne (Many Happy Returns). N'invoquons pas ici l'argument balisé de l'âge pour pointer un manque d'identité remarquable. Il semble plutôt que le jeune loup se soit laissé berner par ces spectres, ces influences qu'il ne peut que toucher du bout du doigt.
Orlando Fernandes
MAGIC RPM  #159

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