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Depuis A Week Away, premier album en forme de coup de maître et injustement ignoré malgré sa fière allure de classique de la pop anglaise (ce qu'il est, soit dit en passant), Spearmint n'avait retrouvé sa verve inaugurale et un talent qui semblait inné que lors de quelques fulgurances (le single Julie Christie!, largement au-dessus de la mêlée britannique). On s'était même presque résigné à lâcher l'affaire, non sans remords, mais un single porteur d'espoir, Last Bus Home Ep, réalisé en début d'année sur la structure espagnole Primeros Pasitos, avait maintenu la flamme. Aujourd'hui complètement ravivée par l'arrivée de My Missing Days. Car le groupe du leader-chanteur Shirley Lee (les lunettes de Jarvis Cocker, l'allure de Paul Weller, le talent des deux) semble ENFIN s'êtrer abiboché une bonne fois pour toute avec son savoir-faire. Un savoir-faire qui lui permet de piocher son inspiration où bon lui semble, dans la scène indie sauce 80's (Orange Juice et consorts) pour un I Didn't Buy You Flowers entraînant ; dans la soul école Al Green le temps d'un Giving It Away exemplaire où Lee dévoile un falsetto à faire frissonner la plus rétive des demoiselles. Entre un hommage (volontaire ou non) au meilleur des Dexy's Midnight Runners (Left Alone Among The living) et un bel exercice de pop débridée (Time Is Now), Spearmint joue toujours la carte de la mélodie parfaite, du refrain fédérateur. Mais le quintette se permet aussi quelques figures de style impeccablement maîtrisées, comme les inflexions northern soul d'un Mike's Wall délicieusement dansant, la guitare aux accents espagnols du sautillant The Book ou les embruns bossa-nova d'un morceau caché. Avec My Missing Days, Spearmint rattrape, de la plus belle des manières, le temps perdu. Sans même avoir le besoin de se gaver de madeleines.
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