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Sole And The Skyrider Band de Sole And The Skyrider Band

chronique d'album
Depuis le temps qu'il revendiquait implicitement l'esprit live dans le titre de ses albums (les indispensables Selling Live Water (2003) et Live From Rome (2005)), il devenait urgent pour Sole de trouver un véritable groupe. Non que Jel ou Odd Nosdam n'aient su mettre son univers en valeur, mais il lui manquait sans doute une dynamique plus éruptive, une urgence. Car Tim Holland est un voyageur, un artiste en mouvement, toujours entre deux ports, deux émotions, deux rencontres. C'est ainsi qu'il a croisé la route de Bud Berning, John Wagner et Ryan Fritch à Orlando. Comme on pouvait s'en douter, les membres du Skyrider Band ne sont pas des rockers du cru, mais des musiciens et producteurs adeptes d'expérimentations brumeuses, aussi rôdés à la pratique des machines qu'à celle des guitares.

Ce qui frappe tout de même en découvrant le résultat de cette collaboration, c'est qu'il est la continuation évidente de l'œuvre solo de Sole. On y retrouve avec bonheur ces nappes harassées, ces accidents bruitistes, ces beats en stress, ce flow essouflé et cette poésie politique du futur. Mais avant d’explorer les nombreuses pistes de l'album, il faut en franchir la porte. Celle-ci se nomme A Sad Day For Investors, et s'impose comme l'une des plus grosses baffes dont nous ait gratifiées le label Anticon. Il faudra donc décrocher de l'addiction provoquée par ce déluge pour apprécier la suite, en tous points fascinante. Travaillé de questions, de hargne, de souffrance, d'effarement, ce disque est l’un des must hip hop de l'année, le nouvel épisode trépidant de la vie de Sole.
Michael Patin
MAGIC RPM  #115

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