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Le regard tourné vers un passé psychédélique qui est décidément très à la mode dans les milieux alternatifs américains, Sleepy Sun remet en scène le Summer Of Love de 1967 afin de redonner à leur San Francisco d’adoption l’esprit de contre-culture hippie qui soufflait dans les rues de Haight-Ashbury cet été-là. Premier album à la parenté écrasante, Embrace s’inspire donc très largement de l’inusable The Piper At The Gates Of Dawn (1967) de Pink Floyd, ce qui ne rajeunit personne. Comme on peut s’y attendre dans ce type d’entreprise envapée, certains titres avoisinent les dix minutes et s’empêtrent dans une interminable torpeur avant de se réveiller en sursaut aux sons d’une logorrhée guitaristique très moche. Dans le genre ampoulé, on préfère encore la gestuelle assassine de The Mars Volta qui a le mérite de brouiller les références en imaginant un hard rock progressif bien de son époque. Soit l’opposé du mal nommé New Age, long titre d’un autre âge qui ouvre la cérémonie de commémoration sous la forme d’un blues qui dégorge au ralenti, tout comme le folk maniéré de Golden Artifact, dont l’intitulé lui-même renvoie autant à un âge d’or disparu qu’à un artifice supplémentaire pour échapper à un état de crise généralisé.
Thomas Bartel
MAGIC RPM  #132

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