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La
révélation, en trois temps. À pas
feutrés sur les brisées d’un folk acoustique au ralenti, un peu étouffé par les
sanglots (Because I Was In Love,
2009). La mélancolie plus fermement portée par l’électricité et les rythmiques
(Epic, 2010). Et aujourd’hui, cette
envolée spectaculaire vers d’autres altitudes. Deux fils rouges : une voix
sublime, languide, habitée, qui restitue les nuances d’états d’âmes tourmentés,
et une écriture qui a gagné en ampleur à mesure que Sharon Van Etten gagnait en
assurance. Et ceci, elle le doit sans doute en partie aux frères Dessner,
famille d’adoption qui fédère depuis dix ans les plus belles énergies de la
jeune génération américaine, avec et sans The National. Aaron Dessner a enregistré le troisième album de
l’Américaine dans son propre studio et y a insufflé son amour des arrangements
touffus. Rien de clinquant mais des orchestrations discrètement audacieuses qui
semblent décliner l’anthracite à l’infini, décoller le chant, amplifier les
volumes dans des proportions inédites.
Sharon Van Etten chante le folk électrique comme personne, notamment sur l’intense Warsaw qui ouvre le disque : guitares comme un orage qui éclate, rythmique et percussions qui cognent aux tempes. Elle peut encore durcir le ton (Serpents) ou jouer sur une veine plus acoustique et très peuplée en guitares, sur la poignante Give Out. La beauté de ses mélodies est éclairée d’une lumière particulière sur les morceaux les plus arrangés : Leonard (orgue, mandoline, chœurs, percussions, cordes), We Are Fine (un piano et de vrais morceaux de Zach Condon à l’intérieur) ou I’m Wrong sont simplement sublimes et déchirantes. Ask porte le coup de grâce, crescendo dramatique dont les paroles clouent sur place : “Tell me how not to stop all these tears and fears”, implore la jeune femme. On souhaite secrètement que ses larmes coulent encore et continuent d’irriguer une inspiration et des chansons supérieures. On est salaud mais la beauté est à ce prix.
Sharon Van Etten chante le folk électrique comme personne, notamment sur l’intense Warsaw qui ouvre le disque : guitares comme un orage qui éclate, rythmique et percussions qui cognent aux tempes. Elle peut encore durcir le ton (Serpents) ou jouer sur une veine plus acoustique et très peuplée en guitares, sur la poignante Give Out. La beauté de ses mélodies est éclairée d’une lumière particulière sur les morceaux les plus arrangés : Leonard (orgue, mandoline, chœurs, percussions, cordes), We Are Fine (un piano et de vrais morceaux de Zach Condon à l’intérieur) ou I’m Wrong sont simplement sublimes et déchirantes. Ask porte le coup de grâce, crescendo dramatique dont les paroles clouent sur place : “Tell me how not to stop all these tears and fears”, implore la jeune femme. On souhaite secrètement que ses larmes coulent encore et continuent d’irriguer une inspiration et des chansons supérieures. On est salaud mais la beauté est à ce prix.
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