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Entre une actrice désireuse de s’évader des plateaux de tournage pour fredonner derrière un micro et un songwriter qui doit sa notoriété limitée à la présence, en 2000, de quelques-unes de ses compositions sur la BOF de Fous D’Irène, la rencontre était sans doute logique. Enregistrés en 2006, à l’instigation de Pete Yorn, ces neuf titres sortent donc du placard trois ans plus tard.

Côté vocalises, Break Up est tout entier imprégné d’un charme approximatif et témoigne des efforts méritoires de la belle Scarlett pour trouver sa voix, avec une sincérité qui compense les effets de vibrato un peu trop systématiques, entre Karen Dalton et Camélia Jordana de la Nouvelle Star 2009. Et même si le fantasme initialement caressé par Yorn de recréer la sensualité trouble et fiévreuse des duos entre Bardot et Gainsbourg reste largement inabouti, la collaboration entre les deux partenaires est loin d’être dépourvue d’intérêt. Certes, ceux qui chercheraient dans ces chansons de facture archiclassique, taillées pour les grandes virées sur l’autoroute et les arrière-salles du Midwest, les jalons précurseurs d’Anywhere I Lay My Head (2008), en seront pour leurs frais.

Mais justement, l’alchimie entre Pete Yorn et Scarlett Johansson ne fonctionne jamais aussi bien que lorsque qu’ils apparaissent tous deux dépourvus de toute intention ouvertement expérimentale ou de toute recherche de crédibilité artistique : les jolis gimmicks du tube Relator, les accents country ploucs assumés de I Don’t Know What To Do, Blackie’s Dead et ses faux airs de R.E.M. Aussi à l’aise dans ce registre traditionaliste que dans les atmosphères sophistiquées élaborées par David Sitek, Scarlett Johansson confirme de manière rétrospective que ses velléités d’apprentie chanteuse ne relèvent pas du seul caprice de star.
Matthieu Grunfeld
MAGIC RPM  #135

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