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Le seul point commun qui relie Rufus Wainwright à son illustre paternel tient dans le fait que l'un et l'autre se sont moqués et se moquent comme de leur première partition de toute scène musicale. En son temps, papa Wainwright avait eu fort à faire en s'attaquant à coups d'humour grinçant et d'albums imparables aux surenchères de musiciens virtuoses et à l'idéologie gnangnan qui gravitaient autour du rock des années 70. Aujourd'hui contre les vents et marées de l'électronique qui s'est faufilée partout, le fils Wainwright vient à la rescousse de la bonne vieille chanson orchestrée et démontre avec son troisième album qu'il n'a de leçon de mélodie à recevoir de pas grand-monde. Rien qu'à elles seules, I Don't Know What It Is, 14t h Street et Go Or Go Ahead méritent le détour. Écrites à la première personne et chantées d'une voix qui monte aux anges, les chansons de Rufus s'inscrivent dans la lignée de celles qui sortaient de "l'usine" Tin Pan Alley des années 40 et 50 à New York, signées Irvin Berlin, Ira & George Gershwin ou Rodgers & Hammerstein, et faisaient les beaux jours du music-hall, du cinéma populaire et de la T.S.F... C'est en écoutant les plus intimistes Vibrate et Want One, avec leur humour et cette intonation si particulière, que l'on sait que Rufus est bien le fils de son père. PS : Dans la mesure du possible (et Dieu sait que cela va être difficile), tâchez de faire abstraction de l'épouvantablement ridicule pochette de l'objet...
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