N'en déplaise à certains (et en particulier à l'un des principaux intéressés), Relaxed Muscle est à envisager comme une séquelle (proéminente, la séquelle) de la plaisanterie brit pop. Car malgré son grimage et ses costumes de squelette, il n'est pas difficile de reconnaître le sieur Jarvis Cocker, alias Darren Spooner, en roue libre (cf. ses nombreuses et réussies collaborations) depuis qu'il a décidé de mettre entre parenthèses son groupe de toujours, Pulp. Visiblement, le grand échalas ne s'est toujours pas remis de l'improbable (et mérité) succès qui lui est tombé sans crier gare sur le coin de la gueule un beau matin de 1995, après quinze années passées dans l'ombre. Depuis, il a tout fait pour se dégager d'une popularité visiblement trop grande (un comble) pour lui. Et cet album, il le rêve sans doute comme le coup de grâce définitif à son statut de vedette. Il mérite pourtant (en partie) votre confiance. Épaulé par le dénommé Jason Buckle, un ex-Fat Truckers sans alias, il est donc la voix de ce projet créé à grand renfort de produits anabolisants, qui ont pour nom "deuxième degré","liberté" et "fac-similé". Ici, à chaque fois recyclé par le prisme électronique, on s'attaque au rock vaudou à la sauce Cramps (Rod Of Iron) ou au glam martial (Beastmaster et ses faux airs de The Human League Mk 1). Tuff It Out sonne comme une reprise de Sigue Sigue Sputnik par Alan Vega, tournant en boucle sur un Juke Box Baby 50's, le déjà croisé Billy Jack ressemble à un boogie dégingandé et robotique. Sur Sexualized, les guitares crissent, le chant s'époumone, l'adrénaline monte, avant de retomber sur un Battered étonnamment apaisé et une Mary aux faux airs gothiques, où Spooner-Cocker joue à merveille le rôle d'un crooner-prédicateur post-apocalyptique. A Heavy Night With..., ce pourrait être en fait la bande-son d'un train fantôme déserté, situé au beau milieu d'une fête foraine essoufflée, perdue quelque part dans quartier déshérité de Sheffield. Oui, mais... Même pas peur!