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Tony Wilson ne tarit pas d'éloges sur ses nouveaux petits poulains qu'il vient de signer sur sa nouvelle mouture de Factory, sobrement intitulée F4, n'hésitant pas à comparer la sensation provoquée par l'écoute de la musique de ces jeunes frappes issues des banlieues de Manchester à celle que lui procura l'écoute des démos de Joy Division, vingt-cinq plus tôt. Connaissant l'humilité légendaire du personnage, la comparaison avait de quoi faire douter. Realise And Witness, même s'il n'aura pas le même retentissement que l'oeuvre caverneuse de leurs glorieux aînés, n'en marque pas moins une nouvelle preuve de la naissance d'un style hip hop propre au Royaume-Uni, enfin libéré de l'écrasante influence de son confrère d'outre-Atlantique. Comme chez Roots Manuva, The Streets ou Dizzee Rascal, Raw-T parvient à concilier un background purement hip hop avec des influences plus directement britanniques issues de l'UK garage ou du dancehall. Là où leurs compatriotes ont trop eu tendance jusque-là à conceptualiser et intellectualiser le genre, Raw-T est sûrement le premier collectif anglais à faire ressentir au travers d'une musique aussi rêche que tourmentée cette urgence caractéristique des milieux les moins favorisés. Une première en provenance d'outre-Manche et une nouvelle preuve du flair qui guide toujours ce sacré Tony Wilson.
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