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Certains se souviendront peut-être de la dureté des critiques à la sortie de leur premier album éponyme en 2007, notamment dans ces pages. Il faut dire que les Anglais Tobin Prinz et Suzy Horn avaient de quoi agacer, avec leur post-punk au minimalisme exagéré, vaguement rempli de basses rachitiques, des batteries linéaires et de guitares dégonflées, en sus édité par le label new-yorkais DFA. Arnaque ou vision musicale intransigeante ? Cinq ans plus tard, ce n’est pas Clay Class qui règlera la question puisqu’il réunit les mêmes ingrédients pour, peu ou prou, le même résultat. Ici encore, le groove est primaire et maladif, réduit à son essence et débarrassé de contraintes naturelles (les arrangements, la variété) pour ne laisser que des squelettes de tubes.

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Tous les titres se ressemblent, utilisent les mêmes rythmes, les mêmes tics secs pendant quarante-quatre minutes blêmes qui ne supportent pas l'écoute distraite. De là à n’y voir qu’un exercice de style prétentieux et artificiel, il n’y a qu’un pas. Pourtant, ces onze titres que personne n’attendait s'avèrent fascinants avec leurs silences sombres et leur production désespérément vide et molle, comme s’ils avaient été enregistrés dans des états de fatigue terribles par deux insomniaques désespérés. Une mélancolie insidieuse se dégage de cette économie de moyens autodestructrice, particulièrement sur le doux
I Want You ou l’ennui terminal de Shake Your Jar. Clay Class est un disque pop bizarrement unique, vidé de sens et d’énergie à un tel point qu’après lui, tous les autres groupes semblent en faire trop. We’re going half-speed/No stamina/We’ve got no guts, lance la voix morne de Tobin Prinz au début de Seed Crop Harvest. Une déclaration d’intention qui résume parfaitement l’absurdité de cet album génialement mineur et fier de l’être.
Émilien Villeroy
MAGIC RPM  #159

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