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What's Your Game de Playground

chronique d'album
D'abord distingués éventuelle version française des Strokes avant de se transformer en Libertines sans même avoir sorti de premier album, les quatre Playground nous arrivent avec un passif qui en ferait a priori un candidat idéal au trône de tête à claques laissé vacant par Montecarl. Sauf que l'on préfèrera toujours un Playground ingrat à un Vincent Delerm resplendissant, fût-il lecteur de ce magazine, de la même façon qu'y seront mieux traités Revlon 9 que The Corrs. Après une entame des plus pénible (Performer, référence inévitable aux Stones évacuée d'entrée), Playground se rattrape dès Blow, séduit sur un 1994 paradoxalement très dans l'air du temps ("Nineteen ninety four/Back on the dancefloor") et surtout sur London Fiction. Cette intro à l'harmonica est digne du The The période Johnny Marr avec un peu plus loin quelques échos de The Clash, excusez du peu... Hélas, Playground retombe un peu plus loin dans sa fascination "stonienne" : au-delà d'un Fate 4 Fame plus qu'explicite, Rollercoaster n'échappe que de justesse, grâce à quelques jolis arpèges, au naufrage. Ces guitares bavardes mais pourtant jamais désagréables sonnent ici comme une marque de fabrique : loin du nihilisme punk, Playground rêve du rock d'avant l'apocalypse de 1977, celui du début des 70's et de la gloire au bout des amplis. Loin de la coupe aux lèvres, sa dernière ligne droite (de Starlight Drive au bras d'honneur final Hippie Song) enterre ces folles espérances. Playground a joué et perdu : dommage, le rock français vécu et chanté en anglais aurait pu y gagner un champion, digne de Cyril Jullian plutôt que Tony Parker, mais quand même...
Nicolas Plommée
MAGIC RPM  #85
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