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Une musique sentimentale et rêche. C’était un peu le constat que l’on faisait à la sortie des premiers albums de Born Ruffians (Red Yellow & Blue, 20008) et The Dodos (Beware Of The Maniacs, 2006). Des disques fascinants et séminaux. En fait, un peu comme les personnages des Mille Et Une Nuits, on écoute et obéit à ce type d’artiste et d’album. Avec Peter Wolf Crier, nous sommes dans la reproduction, ce qui en soit, n’est pas gênant. La première écoute de Garden Of Arms est facile, non pas que cette musique soit peu élaborée, mais on y pose, presque malgré nous, des modèles.

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C’est ce qui différencie un grand disque d’un disque réussi : un grand disque est comme un portrait sans modèle. C’est de l’inné. Having It Out est une splendide composition qui s’offre à nous, c’est la réussite – courte – de cet album, tandis qu’ailleurs Settling It Off ronronne et Hard Heart ennuie. La poursuite de Garden Of Arms se déroule sans véritables heurts, seule la petite rengaine Loud Enough To Know nous interpelle véritablement. Et c’est tout ce qui manque à cet album, cette tension, cette résistance et paradoxalement cette évidence qui font les musiques restantes. Celles qui s’accrochent aux souvenirs, qui reviennent à nous sans commandement. On partagera quelques beaux instants avec Garden Of Arms, mais on ne se souviendra de rien.
Lyonel Sasso
MAGIC RPM  #156

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