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En finir avec Nashville, ses pantalons à franges, son industrie du disque qui inonde les radios américaines d'une soupe indigeste que certains persistent à appeler "country". L'immense Johnny Cash avait craché son mépris à la face des gestionnaires du Disneyland de la musique yankee. Avant de mourir, l'homme en noir aura vu avec soulagement la relève, venue de San Francisco et d'ailleurs. En 1995, Tarnation posait avec Gentle Creatures un jalon important dans la redécouverte de la country par la génération post-punk, marquée aussi par l'influence tordue de Roy Orbison. Deux ans plus tard, Mirador confirmait la vitalité d'une musique à nouveau confrontée aux abîmes de la solitude et de la dépression. En 2001, Paula Frazer signait sous son seul nom l'excellent Indoor Universe, traversé par quelques réminiscences 60's. Au-delà des couleurs propres à chacun de ces trois albums, cette compilation de démos vient souligner la singularité et la constance dans l'écriture de l'Américaine. Le souffle et les craquements donnent à ces enregistrements domestiques un charme distant. Seule avec sa guitare, Frazer y pose sa voix troublante et habitée. La fragilité, la nudité de ses chansons souligne encore la solitude qui imprègne son univers, traversé de quelques fulgurances ("For me he's the only one/So I am thelonely one"). Réduites à des épures, Halfway To Madness, Idly et This Is A Song charrient plus que jamais leur lot de frissons. La beauté sidérante des deux morceaux inédits (Long Ago et Taken) laisse rêveur quant à la suite que pourrait donner Paula Frazer à sa déjà très convaincante discographie.
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