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Oblique Sessions de Pascal Comelade

chronique d'album
Ainsi donc, voilà le nouvel album de Pascal Comelade. Oh, bien sûr, l'intéressé sera le premier à s'offusquer d'une telle affirmation. Signé Comelade, Bastien, Berrocal, Liebezeit, Oblique Sessions se veut avant tout une collaboration. Mais à l'écoute des treize morceaux qui composent cet album, c'est pourtant bien dans l'univers du Catalan que l'on est attiré. On ne passera pas sous silence les participations de Pierre Bastien, fidèle collaborateur, de Jac Berrocal, fondateur du mythique Catalogue et trompettiste hors-norme, de Jaki Liebezeit batteur de Can, mais chaque morceau rappelle le monde merveilleux de Comelade. On y entre tout d'abord par ces titres surréalistes tels Morceau En Forme De Pinces ou Chanson Ferroviaire... Ensuite, ce sont les ambiances qui frappent l'imagination. Entre fête triste et expressionnisme en noir et blanc, chaque titre s'offre comme une petite pièce mécanique et désabusée. Là, un piano-jouet, l'instrument fétiche de Comelade, sur To The Last Of Imaginery Solutions. Plus loin, le célèbre Mecanium de Pierre Bastien. Sans oublier la rythmique martiale de Jaki Liebezeit, Jours Tranquilles A Rodez, Woolloomooloo Bay ou les élucubrations de Jac Berrocal sur Souviens-Toi De Ces Douces Soirées. Pas facile, donc, de rentrer dans ces pasodobles miniatures, ces rocks de poche, ces valses naines. C'est pourquoi, fidèle à son habitude, Comelade a parsemé le disque de reprises, comme l'on donnerait des indices. Le Prime Of Life de Neil Young retrouve une seconde jeunesse, la Rock'N'Roll Station, avec Amaury Cambuzat (Ulan Bator), de Vince Taylor (déjà mis à mal par un Berrocal cycliste auparavant) se la joue portes ouvertes, le Shikaku Maru Ten, avec Dominique Répécaud (60 étages), de Can devient un hymne. A la joie.
Philippe Jugé
MAGIC RPM  #17
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