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Quoi de plus émouvant qu'un gros panda qui mâchouille du
bambou assis dans la forêt ? Pas grand chose, à part un gentil Kiki qui suce
son pouce allongé dans son lit. Maintenant, quoi de plus fascinant que Bro's,
le nouveau single de Panda Bear ? Pas grand chose, à part God Only Knows. Car,
évidemment, la comparaison s'impose de par une production similaire qui
convoque le même désir de lévitation orchestrale, la même envie de tiller
l'oreille du divin pour lui faire chantonner la vie. Mais, justement, Panda
Bear est à Brian Wilson ce que le gros panda est au gentil Kiki : une version
sauvage et forestière qui privilégie la chair instinctive à l'érudition
plastifiée et la flânerie bohème à l'enfermement maniaque.
Trip ensorcelant et lysergique, dansant et extatique, Bro's sidère ainsi durant treize minutes tel un mantra psyché-hypnotique qui n'éprouve même pas le besoin de monter en puissance tant l'altitude atteinte dès ses premières notes est déjà vertigineuse, porté aux nu(ag)es par une électronique discrète mais enivrante, une rythmique tambourinante qui tintinnabule et des feulements célestes qui content une mélodie statique capable de vous enserrer comme des sables mouvants de l'espace. Dans la lignée du déjà fantastique I'm Not/Comfy In Nautica (single sorti sur UUAR en 2005), Panda Bear continue d'étinceler le folk, d'en saisir chaque parcelle pour les projeter au sein d'un grandiose feu d'artifice sonore.
Une attitude réjouissante lorsque l'on repense au primitif Young Prayer (2004), deuxième album enregistré dans sa chambre d'enfant quelque temps après la mort de son père. L'un des disques les plus bouleversants jamais entendus. La peine exorcisée, l'homme s'est donc repris. Ou quand l'ivresse des sens succède à la tragédie des cendres. Et ça, on en est sûr, il n'y a rien de plus émouvant.
Trip ensorcelant et lysergique, dansant et extatique, Bro's sidère ainsi durant treize minutes tel un mantra psyché-hypnotique qui n'éprouve même pas le besoin de monter en puissance tant l'altitude atteinte dès ses premières notes est déjà vertigineuse, porté aux nu(ag)es par une électronique discrète mais enivrante, une rythmique tambourinante qui tintinnabule et des feulements célestes qui content une mélodie statique capable de vous enserrer comme des sables mouvants de l'espace. Dans la lignée du déjà fantastique I'm Not/Comfy In Nautica (single sorti sur UUAR en 2005), Panda Bear continue d'étinceler le folk, d'en saisir chaque parcelle pour les projeter au sein d'un grandiose feu d'artifice sonore.
Une attitude réjouissante lorsque l'on repense au primitif Young Prayer (2004), deuxième album enregistré dans sa chambre d'enfant quelque temps après la mort de son père. L'un des disques les plus bouleversants jamais entendus. La peine exorcisée, l'homme s'est donc repris. Ou quand l'ivresse des sens succède à la tragédie des cendres. Et ça, on en est sûr, il n'y a rien de plus émouvant.