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Une sensibilité à fleur de peau, une certaine confiance en soi et
l’oubli assumé d’une réalité prosaïque sont les qualités
indispensables pour qui cherche à se confronter à l’équation pop
parfaite. Encore ne faut-il pas trop en faire pour s’approcher du
but, là est le piège de tout néophyte. Ce que Michael Lovett n’est
pas complètement à en juger de sa participation comme bassiste au
sein de Your Twenties, aux côtés de son demi-frère Gabriel
Stebbing, lui-même membre fantôme de Metronomy. D’où un lien de
parenté avec le groupe de Joseph Mount, certes lointain et néanmoins
palpable, sur ce premier album dont le mixage fut assuré par Ash
Workman, précédemment aux manettes de… The
English Riviera
(2011). En référence à ces mystérieux dessins sur le sol aperçus
à vol d’oiseau dans le sud du Pérou, NZCA/Lines reprend l’idée
du motif caché, celui qui ne révèle sa force que sous un angle
bien particulier, quitte à se fondre dans le paysage au premier
regard. L’electro pop tout en douceur moelleuse et capiteuse de
Michael Lovett s’imprègne autant d’une forme de candeur liée à
ses vingt-cinq ans qu’à un désir affirmé d’évasion.
Une
géographie imaginaire se dessine au gré de titres dont l’intitulé
est une invitation au voyage : Compass
Points
et le tube Okinawa
Channels,
les deux excellents singles qui ouvrent successivement le disque,
brouillent discrètement les repères spatio-temporels par la rigueur
synthétique de claviers 80’s et la langueur tout aérienne d’un
chant falsetto qui se maintient toujours dans le registre de la
délicatesse. Une telle posture aurait pu dégouliner de maniérisme
et de mièvrerie, elle s’avère d’une implacable justesse. Et les
perles instrumentales pleines d’allant (New
Magnetic North)
et de mélancolie quasi liturgique (AM
Travel Interlude)
apportent une dimension picturale supplémentaire à l’ensemble. À
ce titre, comme un bel hommage rendu aux piscines de David Hockney,
le graphisme de la pochette reste fidèle au raffinement minimal de
cette musique aux lignes mélodiques tellement pures et policées
qu’elles cachent forcément quelque troublant secret.
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