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On s’habitue sans doute trop
facilement au luxe et au confort. Depuis quinze ans, Nada Surf fait partie des
très rares formations qui ne nous ont jamais vraiment déçus, maintenant avec
une constance admirable la très haute qualité d’une discographie sans réelle
faille. Et pourtant, depuis quelque temps, on avait eu tendance à accorder un
peu moins d’attention enthousiaste aux dernières productions du trio, sans
doute parce qu’elles avaient le tort d’être simplement très bonnes et non pas
excellentes. Pas rancuniers pour deux sous, Matthew Caws et ses deux fidèles
partenaires, le bassiste Daniel Lorca et le batteur Ira Elliott, ne semblent
pas nous avoir tenu rigueur de cette saute d’attention passagère et déboulent
donc avec un sixième album qui ne nous laisse d’autre choix que de nous
incliner platement à leurs pieds en guise de pénitence. Enregistré dans une
forme d’urgence salutaire, destinée à préserver toute la spontanéité et la
fraîcheur des nouvelles compositions, The Stars Are Indifferent To Astronomy
est sans aucun doute la collection de chansons la plus dense et la plus
homogène publiée par les anciens pensionnaires du lycée français de New York
depuis Let Go (2002).
Avec ce sens si particulier et reconnaissable dès le premier accord du décalage harmonique et du contre-pied mélodique, Caws et son irréprochable section rythmique nous entraînent, toutes guitares dehors, dans une série de cavalcades pop ébouriffantes (Clear Eye Clouded Mind, Lookin Through) avant de reprendre leur souffle, le temps de quelques brèves pauses midtempo (sublime Jules & Jim). Et, lorsqu’il se plonge dans une série de méditations tout aussi tubesques mais plus introspectives et nostalgiques sur l’adolescence et la naïveté perdues (When I Was Young, Teenage Dream), celui qui demeure la plus fine plume de la power pop contemporaine, n’en déplaise aux supporters inconditionnels de Rivers Cuomo, parvient à évoquer la fuite du temps avec un sens de l’à-propos et de la formule qui titille toujours la fibre émotionnelle adéquate. Considérations astronomiques mises à part, une chose est sûre : l’étoile Nada Surf a cette fois retrouvé son orbite la plus haute.
Avec ce sens si particulier et reconnaissable dès le premier accord du décalage harmonique et du contre-pied mélodique, Caws et son irréprochable section rythmique nous entraînent, toutes guitares dehors, dans une série de cavalcades pop ébouriffantes (Clear Eye Clouded Mind, Lookin Through) avant de reprendre leur souffle, le temps de quelques brèves pauses midtempo (sublime Jules & Jim). Et, lorsqu’il se plonge dans une série de méditations tout aussi tubesques mais plus introspectives et nostalgiques sur l’adolescence et la naïveté perdues (When I Was Young, Teenage Dream), celui qui demeure la plus fine plume de la power pop contemporaine, n’en déplaise aux supporters inconditionnels de Rivers Cuomo, parvient à évoquer la fuite du temps avec un sens de l’à-propos et de la formule qui titille toujours la fibre émotionnelle adéquate. Considérations astronomiques mises à part, une chose est sûre : l’étoile Nada Surf a cette fois retrouvé son orbite la plus haute.
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