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Pour avoir déjà apprécié, il y a quelques années,
les pertinentes relectures de morceaux aussi diamétralement opposés que Blue
Monday et L’Aventurier,
on savait Nada Surf capable d’exceller dans l’exercice, pas si évident, de la
reprise de haute volée. Cette impression positive est très largement confortée
par cette douzaine de covers,
bien moins anecdotiques que l’on aurait pu le craindre. C’est que,
contrairement à ce que pourrait laisser croire le palindrome qui sert de titre
à cet album, Matthew Caws et ses camarades ne se contentent pas ici de tourner
en rond ou de ressasser à l’envi leurs obsessions de jeunesse. If I Had A Hi-Fipossède plusieurs traits originaux qui lui permettent d’échapper aux
écueils les plus communs du genre. Tout d’abord, la sélection proposée par le
groupe est à la fois judicieuse, surprenante et résolument partiale :
plutôt que de présenter un bilan complet et inévitablement convenu de leurs
influences, les trois compères ont choisi de compiler quelques-uns de leurs
enthousiasmes du moment.
Une option qui les conduit à placer sur un même plan les grands classiques patinés par le temps (Love Goes On de The Go-Betweens) et les dernières nouveautés (Bright Side de The Soft Pack), à traiter avec une même attention et une égale dignité les monuments incontournables de Depeche Mode (Enjoy The Silence) et les œuvrettes mineures signées Bill Fox (Electrocution) ou Mecromina (Evolucion). De surcroît, Nada Surf parvient à façonner chacune des douze pièces de ce puzzle a priori hétéroclite comme s’il s’agissait l’une de ses dernières compositions, avec un mélange de respect et d’insolence qui évite tout sentiment de redondance avec les originaux. Cuisiné à la sauce maison, grâce à de subtiles altérations du rythme du refrain, Enjoy The Silence résonne presque ainsi comme un tube de… The Cure ! Au final, cette pause ludique n’altère en rien la qualité et la cohérence d’une discographie toujours sans défaut.
Une option qui les conduit à placer sur un même plan les grands classiques patinés par le temps (Love Goes On de The Go-Betweens) et les dernières nouveautés (Bright Side de The Soft Pack), à traiter avec une même attention et une égale dignité les monuments incontournables de Depeche Mode (Enjoy The Silence) et les œuvrettes mineures signées Bill Fox (Electrocution) ou Mecromina (Evolucion). De surcroît, Nada Surf parvient à façonner chacune des douze pièces de ce puzzle a priori hétéroclite comme s’il s’agissait l’une de ses dernières compositions, avec un mélange de respect et d’insolence qui évite tout sentiment de redondance avec les originaux. Cuisiné à la sauce maison, grâce à de subtiles altérations du rythme du refrain, Enjoy The Silence résonne presque ainsi comme un tube de… The Cure ! Au final, cette pause ludique n’altère en rien la qualité et la cohérence d’une discographie toujours sans défaut.
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