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Avec leurs looks et gueules de petites frappes décontractées, leur goût immodéré pour la fiesta, leur addiction revendiquée à Pink Floyd et à la pop scintillante, et leur sens mélodique propre à décoiffer toutes les franges de la planète, les cinq gandins de Mystery Jets (quatre jeunes et un papa sympa) avaient tout pour faire de leur troisième opus une déclaration de guerre à MGMT. Ils ont donc laissé tomber le très branché Erol Alkan pour dénicher une légende de la production, le versatile mais fidèle Chris Thomas (sept disques avec Elton John, trois avec Roxy Music, deux avec Pulp, trois avec… INXS), histoire d'écraser les poussins ricains avec leur “album de la maturité”. Par rapport à son délicieusement juvénile prédécesseur (Twenty One, 2008), Serotonin affiche une richesse sonore impressionnante, ainsi qu'une attention portée aux finitions qui en dit long sur leurs désirs de gloire. Pourtant, la déconcentration gagne souvent l'auditeur exposé à ces morceaux de bravoure pop 100% londonienne. Si Mystery Jets réussit quelques coups fumeux, en équilibre entre glam et psychédélisme (l'entrée en matière victorieuse Alice Springs, le sifflotant et entêtant Flash A Hungry Smile, la ballade cheesy hypnotique Melt), il semble aussi avoir perdu en route sa fraîcheur démoniaque, cette facilité de songwriting qui nous faisait avaler n'importe quelle couleuvre il y a deux ans. Loin d'inspirer l'ennui mortel, Serotonin souffre de cette envie de trop bien faire, chutant régulièrement du mauvais côté du classicisme – celui du pareil en moins bien. On ne se mouille pas trop en lui prédisant un beau succès en Angleterre, mais il n'est assurément pas de taille à inquiéter les mignons de Brooklyn sur leurs terres.