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High Ball Me! de Moose

chronique d'album
En dehors d'être la mascotte de magic! le fanzine ancêtre de ce magazine ne fut-il d'ailleurs pas longtemps rebaptisé par quelques esprits taquins magic mooshroom ? , Moose est aux années 90 (et 2000, donc) ce que The Pale Fountains furent aux années 80. Autrement dit, le groupe pop idéal et intouchable, capable l'instant d'une chanson de suspendre le temps (Joe Courtesy pour le premier, Just A Girl pour les seconds). Cousins des frères Head, Kevin J McKillop et Russell Yates, les deux têtes pensantes de ce groupe devenu à géométrie variable au fil du temps, ont écrit et composé dans la première moitié de la décennie précédente quelques-unes des plus belles chansons de l'histoire de lapop anglaise. Et, au moins, deux disques intemporels :...XYZ et Live A Little Love A Lot, sans jamais récolter dans la presse (anglaise, en particulier) les honneurs que sa discographie imposait pourtant. "Je ne pense pas que nous serons le groupe perdu des 90's", déclarait Kevin dans ces colonnes au printemps 93. "Je sais que cette étiquette a un côté très romantique, assez attirant même : la fameuse légende des beautiful losers". Après cinq années d'absence que beaucoup crurent définitive , Moose réapparaît presque miraculeusement avec la sortie de son quatrième album,Highball Me!. Enregistré il y a déjà plus de trois ans, ce nouvel Lp a longtemps porté le titre de la onzième et dernière plage, Twelve New Ways To Fly. Soit le parfait résumé de ce que Moose a toujours été : un groupe aérien. Avec ses chansons boisées, portées par la grâce mélodique et magnifiées par des arrangements cristallins, ces musiciens ontsouvent envoyé les auditeurs au septième ciel pour mieux voler de leurs propres ailes au son des inusables Jack,Little Bird,IWanted To See You To See If I Wanted Youou Play God.Àcôté de ces chefs-d'oeuvre-là, le nouveau millésime ressemble trait pour trait aux précédents. Et The Only Man In Town, qu'une écoute en boucle suffira à peine pour explorer les profondeurs de ce trésor mélodique avec sa descente de violons en cascade, les complète aujourd'hui pour former un cinq majeur. Le reste, produit par Brian O'Shaughnessy (East Village, Denim, Spring, Go-Kart Mozart, Baxendale), que le tandem avait déjà croisé le temps d'un maxi, remet à jour le songwriting hors-pair de la paire McKillop/Yates. Des rebonds graciles de Can't Get Enough Of You à la torpeur faussement nonchalante de Won't Look For Love en passant par l'atmosphère entre chien et loup de Wonder Where I'll Go, le flottement harmonique de Keeping Up With You, la mélancolie bleutée de Lily La Tigresse et la beauté crépusculaire de There's A Place une face B de 1992 qui méritait effectivement une nouvelle chance , Moose n'a définitivement pas son pareil pour jouer sur du velours. Comme les grands crus, les disques de Moose et ceHigh Ball Me! En particulier vieillissent très bien avec le temps. Mais, à l'inverse, ils se consomment sans modération puisqu'au final on se moque éperdument de savoir que ces chansons ont été enregistrées il y a trois ans, six mois, hier ou aujourd'hui tant elles traduisent à la perfection l'idée d'intemporalité. Album du moose, bien évidemment.
Franck Vergeade
MAGIC RPM  #43
article extrait de :
MAGIC RPM #43 Commander ce numéro

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