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On ne présente plus Momus et ses différentes
facettes : l'orfèvre en musique libertine, le blogueur, le mécène des
jolies jeunes filles, le journaliste et l'esprit satyrique du poète de la pop.
Non, on ne les présente plus. John Henriksson, nettement plus méconnu, possède
presque autant de casquettes que son illustre aîné. Le Suédois installé à Paris
dirige la maison Tona Serenad – le label accueille notamment la Française Anne
Laplantine qui a également cosigné l'excellent Summerisle avec Momus –,
dont il dessine les pochettes. Il collectionne des vinyles hors d'âge dont il
se sert pour structurer ses propres créations musicales. Or donc, Thunderclown
est le fruit de la collaboration de ces deux personnalités facétieuses. John
Henriksson colle et juxtapose des samples tirés de sa discothèque personnelle,
les étoffe avec l'aide d'amis (dont la délicieuse Kumisolo), les envoie à Momus
qui à son tour les arrange dans une forme pop, écrit les textes et les chante.
Ce procédé typique d'une création partagée par deux musiciens géographiquement
éloignés rend très bien compte de la proximité artistique qui unit Momus et son
ami nordique : ces deux-là semblent s'entendre parfaitement…
L'originalité de ce projet vient de la sélection musicale opérée par le Scandinave dont la curiosité se porte vers l'archéologie des musiques populaires oubliées : des cordes, des orgues, de beaux accords, des cuivres, des phrases jazz, des guimbardes, des sifflotements feutrés, quelques instrumentations délicieusement burlesques et un univers sonore enfantin servent de décor à l'odyssée d'un clown triste. Certains extraits sont empruntés à des chansons de Noël suédoises des années 50, d'autres semblent tirés de bandes originales hollywoodiennes de la même époque. La démarche esthétique fait songer au récent livre de Simon Reynolds nommé Retromania: Pop Culture's Addiction To Its Own Past (2011), ou encore au slogan de l'exposition de la Documenta 12 cité par John : “La modernité est notre antiquité”, une matière à retrouver et à se réapproprier. Sans la moindre exception, les douze comptines perverses de cet album sont irrésistiblement étonnantes, amusantes et émouvantes ; la lenteur et la douceur qui les caractérisent sont servies par la plume et la voix idéales de Momus qui signe ici l'un de ses meilleurs albums depuis vingt ans.
L'originalité de ce projet vient de la sélection musicale opérée par le Scandinave dont la curiosité se porte vers l'archéologie des musiques populaires oubliées : des cordes, des orgues, de beaux accords, des cuivres, des phrases jazz, des guimbardes, des sifflotements feutrés, quelques instrumentations délicieusement burlesques et un univers sonore enfantin servent de décor à l'odyssée d'un clown triste. Certains extraits sont empruntés à des chansons de Noël suédoises des années 50, d'autres semblent tirés de bandes originales hollywoodiennes de la même époque. La démarche esthétique fait songer au récent livre de Simon Reynolds nommé Retromania: Pop Culture's Addiction To Its Own Past (2011), ou encore au slogan de l'exposition de la Documenta 12 cité par John : “La modernité est notre antiquité”, une matière à retrouver et à se réapproprier. Sans la moindre exception, les douze comptines perverses de cet album sont irrésistiblement étonnantes, amusantes et émouvantes ; la lenteur et la douceur qui les caractérisent sont servies par la plume et la voix idéales de Momus qui signe ici l'un de ses meilleurs albums depuis vingt ans.
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