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Difficile
de suivre Micah P. Hinson ! Du Tennessee de son enfance au Texas de la
révélation artistique, le chanteur paraît maintenant engagé dans une course
contre le temps, et il accumule les parutions discographiques. Aller au bout de
lui-même – non sans faux-pas, son disque de reprises l’an passé (All Dressed Up And Smelling Of Strangers ,
2009) – se révèle peut-être plus éreintant que de survivre à ses erreurs de
jeunesse, maintes fois relatées, et se reconstruire après avoir touché le fond,
mais à dix-huit ans, quand certaines choses restent possibles. Aujourd’hui, à
vingt-neuf ans, Micah P. Hinson chante donc une nouvelle fois comme s’il en
avait plus du double et sa voix de husky, toujours monotone même si elle éclate
parfois en rage ou sanglots, est encore déchirante d’une manière telle que peu
de folk singers auront réussi à le suggérer.
S’il enfonce le clou, ce nouvel album fait montre d’un éclectisme qui surprend d’abord et révèle ensuite une belle maîtrise : chanson de marins (2s And 3s), country folk des origines (Seven Horses Seen) ou shoegazing rugueux (les douze minutes du terrassant The Returning). Tous les morceaux convergent pourtant vers un seul genre, celui de la valse éplorée, et les moments les plus poignants sont finalement ceux où l’Américain se rapproche plus directement de l’Anglais Richard Hawley (Sweetness). Hinson utilise comme à son habitude sa voix comme un instrument. Elle reste le centre émotionnel d’un disque où les arrangements, notamment pour les cordes, sont mieux intégrés à l’ensemble que par le passé. Épique, effondré et surtout mémorable, Micah P. Hinson And The Pioneer Saboteurs a la beauté solennelle d’une pastorale américaine.
S’il enfonce le clou, ce nouvel album fait montre d’un éclectisme qui surprend d’abord et révèle ensuite une belle maîtrise : chanson de marins (2s And 3s), country folk des origines (Seven Horses Seen) ou shoegazing rugueux (les douze minutes du terrassant The Returning). Tous les morceaux convergent pourtant vers un seul genre, celui de la valse éplorée, et les moments les plus poignants sont finalement ceux où l’Américain se rapproche plus directement de l’Anglais Richard Hawley (Sweetness). Hinson utilise comme à son habitude sa voix comme un instrument. Elle reste le centre émotionnel d’un disque où les arrangements, notamment pour les cordes, sont mieux intégrés à l’ensemble que par le passé. Épique, effondré et surtout mémorable, Micah P. Hinson And The Pioneer Saboteurs a la beauté solennelle d’une pastorale américaine.
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