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Si Menomena est
l’une des formations les plus passionnantes de ce nouveau
millénaire, c’est parce que le trio de Portland a su se renouveler
dans chacune de ses réalisations, limoger les codes préétablis
inhérents au genre pour façonner des opéras miniatures
transgressifs, l’utopie en guise de moteur élémentaire et la
virtuosité comme unique défaut. Maniant cette même virtuosité
avec le discernement d’un illuminé sur l’encensé Friend And
Foe (2007), la voilà domptée avec force et intelligence sur
leur successeur. Rabougri de partout mais suintant la luminosité par
tout les pores, Mines intronise une mathématique des
arrangements plus inhabituelle et presque insoupçonnée. Danny Seim,
Brent Knoff et Justin Harris sont parvenus à tempérer leur maestria
et consolider leurs aptitudes supérieures, libérer des
orchestrations telluriques qui convoquent l’épanouissement et des
tsunamis affectifs qui défient l’exercice de style.
Ainsi, la mélodie étalon, celle qui s’époumone à plein régime et harmonise l’évasion d’une main de fer, se nomme Dirty Cartoons. Une douceur miraculeuse, qui tonne avec retenue et ordonne sa délicatesse en présence d’harmonies subliminales, de vocalises en cotons et de trois cœurs qui battent à la chamade, comme la fanfare de contrebande Neutral Milk Hotel sur la ritournelle calcinée Naomi (On Avery Island, 1996). Carburant à l’inspiration épidémique, Menomena échantillonne ses outils diaboliques (xylophone, saxophone, cor, synthétiseur, piano) dans une fonderie à ciel ouvert (Digital Loop Recorder, le procédé habituel) pour usiner, assembler et souder les moindres parcelles de ponts en bois édifiés entre terre et paradis (Queen Black Acid, Tithe), éden et enfer (Bote, Lunchmeat). Le frénésie originelle plaquée contre l’épaule, Taos et Killemall dégainent leurs riffs en ferraille, quitte a griller leurs dernières cartouches pour atteindre au loin, le cœur d’un animal déjà mort: via le conclusif Intil, son piano d’emphase, sa batterie tempétueuse et ses souffles qui se confondent dans la catharsis. Phosphorées par un incommensurable halo de lumière, ces mines noires de soufre laissent entrevoir des ornements éblouissants et des trésors esquissés à la main par trois gamins à l’âme aussi embrasée que ce reflet incandescent.
> Écoutez l'intégralité de Mines grâce à NPR.
Ainsi, la mélodie étalon, celle qui s’époumone à plein régime et harmonise l’évasion d’une main de fer, se nomme Dirty Cartoons. Une douceur miraculeuse, qui tonne avec retenue et ordonne sa délicatesse en présence d’harmonies subliminales, de vocalises en cotons et de trois cœurs qui battent à la chamade, comme la fanfare de contrebande Neutral Milk Hotel sur la ritournelle calcinée Naomi (On Avery Island, 1996). Carburant à l’inspiration épidémique, Menomena échantillonne ses outils diaboliques (xylophone, saxophone, cor, synthétiseur, piano) dans une fonderie à ciel ouvert (Digital Loop Recorder, le procédé habituel) pour usiner, assembler et souder les moindres parcelles de ponts en bois édifiés entre terre et paradis (Queen Black Acid, Tithe), éden et enfer (Bote, Lunchmeat). Le frénésie originelle plaquée contre l’épaule, Taos et Killemall dégainent leurs riffs en ferraille, quitte a griller leurs dernières cartouches pour atteindre au loin, le cœur d’un animal déjà mort: via le conclusif Intil, son piano d’emphase, sa batterie tempétueuse et ses souffles qui se confondent dans la catharsis. Phosphorées par un incommensurable halo de lumière, ces mines noires de soufre laissent entrevoir des ornements éblouissants et des trésors esquissés à la main par trois gamins à l’âme aussi embrasée que ce reflet incandescent.
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