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Quand on a vu Mein Sohn William sur scène pour la première fois – à la Flèche d'Or en janvier 2010 –, on était bourré et c'était bien comme ça. On se souvient quand même de ce jeune ours aux mouvements larges et saccadés, malmenant de ses doigts nerveux la caisse d'une guitare râpeuse rapiécée au Chatterton, valdinguant comme un damné d'une pédale d'effets à l'autre (dont la loop indispensable à tout one-man band postmoderne), et éructant dans le micro une logorrhée de mauvais anglais avec la voix excessivement nasale et surjouée d'un Benoît Poelvoorde sous speed. Quelque chose, au fond, de Liars réinventé par GaBLé, l'agressivité arty d'une no-wave sans fric, la théâtralité pleine de borborygmes d'un Screamin' Jay Hawkins sans groove, la patate lo-fi des Violent Femmes quand ils tapaient sur des cartons dans les rues de Milwaukee.

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Ce second LP, mais première sortie conséquente permise par le label nancéien Ici D'Ailleurs…, redonne aux chansons du Rennais l'équilibre (mélodique, rythmique, imaginatif) dont elles ont malgré tout besoin. On y (re)découvre sa faculté à chanter juste, et même bien, ainsi que l'ambition réelle qu'il place dans ses percussions samplées, minimales mais diaboliquement inventives, et son sens consommé de la répétition et de la rupture, assurant à chaque progression son lot de feux d'artifice. Presque tout est réussi sur cet album, et on va sûrement continuer à l'écouter pendant l'année. On aurait juste envie de dire à son auteur – peut-être parce qu'il a une tête de copain – qu'il gagnerait sans doute à lever un petit peu le pied.
Michaël Patin
MAGIC RPM  #159

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