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Peut-on danser un semblant de gigue à la manière des cow-boys et fantassins américains de 1863... avec un laptop et des bruits de perceuse ? C'est le pari tenté aujourd'hui par Matmos, qui n'est plus à une excentricité près. Heureusement, la prétendue déconnade s'est toujours avérée féconde chez le duo américain, comme en témoigne son précédent Lp, A Chance To Cut Is A Chance To Cure, réalisé à l'aide d'instruments chirurgicaux. De l'usage du folklore musical américain au bloc opératoire, il n'y a peut-être qu'un pas, si l'on se rappelle que la guerre de sécession fut elle aussi une mémorable boucherie humaine. Étrangement, The Civil War est un album qui n'apparaît ni sinistre ni vomitif, malgré cette approche organique de la musique et cette volonté de disséquer le son d'une cornemuse à l'aide de beats démembrés. On dénote même une certaine euphorie, typique d'un héritage 60's, à décharner ainsi des orchestrations propres aux défilés militaires grâce à des principes de composition dignes des techniques de cut-up de la beat generation. Il faut dire que Mc Schmidt et Drew Daniel, qui forment Matmos, ont sollicité plusieurs invités à l'approche tout aussi moderne, mais au touché plus doux. David Grubbs au piano ou Markn Lightcap, ex-guitariste d'Acetone officiant aujourd'hui avec la lunaire Hope Sandoval, tapissent de leur finesse ces délires iconoclastes. Au final, The Civil War est un disque typiquement américain qu'il vaut mieux conseiller aux fans d'Ornette Coleman plutôt qu'à ceux de Gareth Brooks.
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