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Comme tout trio punk rock qui se respecte, la formule choisie par ces jeunes Anglais fonctionne sur l’équilibre parfait des forces en présence : une basse énorme, une guitare qui cherche la meilleure équation entre rythmique et touches solistes, et pour couronner le tout une batterie puissante et efficacement bavarde. Hébergé sur Sub Pop, Male Bonding porte en lui toutes les images de la jeunesse indie américaine des décennies précédentes, avec les Pixies et Sebadoh comme horizon indépassable, et Green Day comme plaisir coupable. Nothing Hurts balance entre une furie encadrée et des refrains plus ou moins fédérateurs, sans qu’aucune lassitude ni systématisme ne viennent gâcher l’esprit frondeur de ce premier album marqué au fer rouge de l’urgence. Baigné dans la réverbération, Franklin démontre que le groupe n’est pas qu’une bête de sprint, mais qu’il peut également prendre le temps de rêver. Tout comme l’ultime ballade acoustique et grésillante Worse To Come, où les trois Vivian Girls font office d’agent adoucissant en apportant un peu de mixité inopinée au milieu de ce tapage très masculin. Et si la plupart des titres semblent exécutés le souffle court, c’est que Robin Christian, John Webb et Kevin Hendrix ne se réalisent pleinement que dans la prise d’armes rapide, sans préliminaires ni sommation.

Thomas Bartel
MAGIC RPM  #144

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