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9 ½ Psychedelic Meditations On British Wrestling Of The 1970s & Early '80s de Luke Haines
chronique d'album
Neuf chansons (et demi) à la gloire de la lutte anglaise,
le tout signé Luke Haines. Et pourquoi pas ? Retrouver l'éternel outsider en
chroniqueur de samedis après-midi pluvieux passés devant la télé à mater du
catch ne surprend pas. Pas plus, en tout cas, que de voir Neil Hannon écrire un
concept album autour du cricket (The Duckworth Lewis Method, 2009). À ma
gauche, des lutteurs spectaculaires, personnalités flamboyantes le week-end,
prolos le reste de la semaine. À ma droite, la grande gueule querelleuse de la
pop anglaise. L'analogie tombe sous le sens. Luke Haines chante ces hommes et
cet esprit avec une sincérité touchante, et ce n'est d'ailleurs pas la première
fois que ce vestige du passé apparaît chez le Londonien, qui citait déjà
l'Asiatique masqué Kendo Nagasaki au cours de Leeds United (Off My
Rocker At The Art School Bop, 2006).
Haines place ces personnages en situation (Big Daddy Got A Casio VL Tone)
et se met progressivement à nu, débarrassant ses chansons des éclats rock un
peu lourdauds qu'il a cependant toujours sublimés. Armé de son célèbre sens de
la formule (“First we take Berlin, then we take… Stoke”, in Gorgeous
George), Luke Haines signe quelques plages magnifiques telles Rock Opera-In The Key Of
Existential Misery, rencontre entre la guitare d’Ennio Morricone et les
ambiances poisseuses de Viva Hate (1988) de Morrissey.
Ailleurs, confirmant le retour aux sources entrepris sur le double album 21st Century Man/Achtung Mutha (2009), son souffle familier de comploteur se pose sur quelques cordes et retrouve le génie séminal de New Wave (1993), cependant perturbé de quelques effets synthétiques et marécageux. Bien sûr, impossible de ce côté de la Manche de piger du premier coup toutes les références alignées ici. Et l'on ne peut saisir le séisme que représenta Kendo Nagasaki retirant son masque, un beau jour de décembre 1977. Mais cet hommage anglo-centré demeure aisément transposable dans nos contrées – il suffit de songer à l'aura de l'Ange Blanc ou du Bourreau de Béthune. Avec une fichue sincérité, Luke Haines se souvient ici de son enfance et déclare son amour pour tout un pan de la culture populaire britannique aujourd'hui disparu. Surtout, Luke Haines signe une œuvre qui dépasse les frontières de la pop anglaise. Tandis qu'aux États-Unis, la tradition chante et incarne les grands mythes américains (de Woody Guthrie à Bob Dylan, des Byrds à Sufjan Stevens, sans oublier Neil Young) l'auteur de Now I'm A Cowboy (1994) s'est emparé de nombreux mythes du Vieux Continent, pour leur redonner vie : de la Nouvelle Vague à la Fraction Armée Rouge, du football à Klaus Kinski, d'Oliver Twist à la lutte anglaise aujourd'hui. En cela, Luke Haines incarne tout simplement un grand conteur de folk européen.
> Écoutez l'album en intégralité.
> Lire la chronique du livre Post Everything: Outsider Rock And Roll.
Ailleurs, confirmant le retour aux sources entrepris sur le double album 21st Century Man/Achtung Mutha (2009), son souffle familier de comploteur se pose sur quelques cordes et retrouve le génie séminal de New Wave (1993), cependant perturbé de quelques effets synthétiques et marécageux. Bien sûr, impossible de ce côté de la Manche de piger du premier coup toutes les références alignées ici. Et l'on ne peut saisir le séisme que représenta Kendo Nagasaki retirant son masque, un beau jour de décembre 1977. Mais cet hommage anglo-centré demeure aisément transposable dans nos contrées – il suffit de songer à l'aura de l'Ange Blanc ou du Bourreau de Béthune. Avec une fichue sincérité, Luke Haines se souvient ici de son enfance et déclare son amour pour tout un pan de la culture populaire britannique aujourd'hui disparu. Surtout, Luke Haines signe une œuvre qui dépasse les frontières de la pop anglaise. Tandis qu'aux États-Unis, la tradition chante et incarne les grands mythes américains (de Woody Guthrie à Bob Dylan, des Byrds à Sufjan Stevens, sans oublier Neil Young) l'auteur de Now I'm A Cowboy (1994) s'est emparé de nombreux mythes du Vieux Continent, pour leur redonner vie : de la Nouvelle Vague à la Fraction Armée Rouge, du football à Klaus Kinski, d'Oliver Twist à la lutte anglaise aujourd'hui. En cela, Luke Haines incarne tout simplement un grand conteur de folk européen.
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