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Si l’éclectisme du label Warp est désormais une affaire
entendue, son credo – Weird And Radical Projects – n’a pourtant pas changé en
vingt ans de recherches sonores pour pistes de danse cérébrales. Après les
saillies électro rock tourneboulantes de Battles, c’est au tour de l’intrigante
LoneLady de proposer sa vision du futur en nous ramenant vers les fondamentaux
de l’esthétique post-punk. Et n’y allons pas par quatre chemins, Nerve Up rassemble toutes les qualités
intrinsèques qui érigent souvent un premier album au rang de coup de génie.
C’est d’ailleurs l’obsession avouée de Julie Campbell pour qui les débuts de Au
Pairs, Gang Of Four, The Raincoats, ESG et New Order sont une source
d’inspiration inépuisable, îlots de résistance artistique qui défient le
passage du temps. Mieux vaut nager à contre-courant que de se laisser porter
par la vague dominante, dont les flux et reflux recouvrent tout sans laisser de
traces.
D’où la solitude nécessaire de cette Anglaise ayant trouvé refuge dans un studio de fortune à Manchester, accompagnée du batteur Andrew Cheetham pour attraper au vol les idées singulières de cet iconoclaste Nerve Up, dont l’ossature saillante et les muscles secs hissent sans faillir dix compositions délicieusement retorses et nerveuses vers une lumière proprement aveuglante. D’une voix étrangement élastique, tendue entre plusieurs registres qui rappellent Harriet Wheeler (The Sundays) et Liz Fraser (Cocteau Twins), Julie Campbell décline une identité bien à elle par un ahurissant jeu de guitare rythmique plein d’accrocs et de riffs syncopés, comme du fil barbelé tressé en couronnes de fleurs : “I grip my fists along a barb-wire fence edge. I need the tension up high, High”, clame-t-elle sur l’extraordinaire morceau éponyme Nerve Up avec la même sensualité funky primitive initiée par ESG.
Souterraine, impalpable, la tension n’éclate jamais au grand jour et s’insinue plutôt au détour d’un revirement mélodique inattendu (Have No Past), ou d’une batterie chirurgicale qui s’entête sur deux accords d’un clavier vacillant, terriblement émouvant (Marble). Chaque titre est nimbé d’opacité, comme ses images noir et blanc très contrastées qui conservent toujours une part d’ombre et de mystère. Lonelady, un nom prémonitoire ? Certainement, car une artiste de cette trempe annonce une rude concurrence pour la décennie naissante.
D’où la solitude nécessaire de cette Anglaise ayant trouvé refuge dans un studio de fortune à Manchester, accompagnée du batteur Andrew Cheetham pour attraper au vol les idées singulières de cet iconoclaste Nerve Up, dont l’ossature saillante et les muscles secs hissent sans faillir dix compositions délicieusement retorses et nerveuses vers une lumière proprement aveuglante. D’une voix étrangement élastique, tendue entre plusieurs registres qui rappellent Harriet Wheeler (The Sundays) et Liz Fraser (Cocteau Twins), Julie Campbell décline une identité bien à elle par un ahurissant jeu de guitare rythmique plein d’accrocs et de riffs syncopés, comme du fil barbelé tressé en couronnes de fleurs : “I grip my fists along a barb-wire fence edge. I need the tension up high, High”, clame-t-elle sur l’extraordinaire morceau éponyme Nerve Up avec la même sensualité funky primitive initiée par ESG.
Souterraine, impalpable, la tension n’éclate jamais au grand jour et s’insinue plutôt au détour d’un revirement mélodique inattendu (Have No Past), ou d’une batterie chirurgicale qui s’entête sur deux accords d’un clavier vacillant, terriblement émouvant (Marble). Chaque titre est nimbé d’opacité, comme ses images noir et blanc très contrastées qui conservent toujours une part d’ombre et de mystère. Lonelady, un nom prémonitoire ? Certainement, car une artiste de cette trempe annonce une rude concurrence pour la décennie naissante.