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O, Devotion! de Liz Green

chronique d'album
Ce premier long format de Liz Green, qui sort cinq longues années après un premier single immédiatement remarqué outre-Manche (Bad Medicine, 2007) et une participation vocale à l’album de Villeneuve (Dry Marks Of Memory, 2010), est un objet dont on sent bien que le moindre détail a été réfléchi et bichonné – des illustrations de la pochette et du livret exécutées par la chanteuse, guitariste et compositrice en personne, à l'enregistrement tout analogique au studio londonien Toe Rag. En l'occurrence, l'Anglaise désirait coller au plus près à la sincérité et à l'esthétique dépouillée (par la force de la grande dépression) du folk et du jazz américain de l'entre-deux-guerres, auxquels, très délicatement, elle a incorporé les motifs brass band qui ont inévitablement bercé son enfance et adolescence de nordiste.

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Dotée d'une voix particulière et légèrement voilée – un drôle de croisement entre la tessiture ambrée de Buffy Sainte-Marie, le timbre feutré de Lena Horne et le vibrato fragile de Melanie –, Liz Green propose un séduisant et émouvant recueil de ballades (Hey Joe, Displacement Song), de blues intimistes (Midnight Blues, Gallows) et de ragtime chaloupé (French Singer), réalisé en petit comité et avec une admirable retenue, atteignant à l'occasion les sommets du frisson dont la grande oubliée Laura Nyro était une spécialiste (Ostrich Song). Seule petite ombre au tableau de ce très prometteur O, Devotion! : en cherchant à respecter la continuité d'une période dite, l'ensemble se révèle trop linéaire, tant au niveau de la tonalité que du tempo. Nul doute que ce disque soyeux, chaleureux, introspectif et gentiment mélancolique parlera bien plus à la gent féminine qu'aux nerds de l'informatique greffés à tous leur iQuelque chose.
Marc Gourdon
MAGIC RPM  #159

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