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Un dessin sommaire en noir
et blanc représente un personnage écrasé contre la paroi d’une chambre
transparente. La pochette du premier album de Liars résume à elle seule la
musique de ce jeune quatuor new-yorkais : épurée, sombre et violente. Un
groupe de l’ombre qui serait le pendant underground des glorieux The Strokes.
Loin de toute médiatisation, Liars délivrent un punk lo-fi et funky
terriblement accrocheur. C’est donc en toute logique que le groupe fut
récemment signé sur Blast First, le label qui édita au milieu des années 80 les
disques mythiques de Sonic Youth. Outre l’imposante stature du leader Angus
Andrew (à peu près deux mètres de haut), la voix, triturée par des pédales
d’effets, rappelle les hurlements rageurs et belliqueux d’un Thurston Moore
poussant la chansonnette chez Half Japanese.
À la différence de tant de groupes qui font du rock les yeux rivés dans le rétroviseur, Liars joue la carte de la spontanéité et de l’urgence sans souci de crédibilité commerciale. Une basse qui gronde, des breaks imprévisibles suivis d’explosions de guitares dissonantes, des paroles hurlées, martelées, étranglées : tels sont les ingrédients d’une musique minimaliste et bancale qui tourne définitivement le dos aux structures traditionnelles couplet/refrain tant appréciées des fans de pop (stars). À cet égard, le dernier titre, This Dust Makes That Mud, est une boucle répétitive de plus de vingt minutes transpercée d’échos plaintifs, qui présente l’image terrifiante d’un groupe enterré vivant prêt à ressurgir dans nos pires cauchemars. Pas facile d’accès, certes, mais dans cet océan de guimauve musicale, la radicalité des Liars fait du bien.
À la différence de tant de groupes qui font du rock les yeux rivés dans le rétroviseur, Liars joue la carte de la spontanéité et de l’urgence sans souci de crédibilité commerciale. Une basse qui gronde, des breaks imprévisibles suivis d’explosions de guitares dissonantes, des paroles hurlées, martelées, étranglées : tels sont les ingrédients d’une musique minimaliste et bancale qui tourne définitivement le dos aux structures traditionnelles couplet/refrain tant appréciées des fans de pop (stars). À cet égard, le dernier titre, This Dust Makes That Mud, est une boucle répétitive de plus de vingt minutes transpercée d’échos plaintifs, qui présente l’image terrifiante d’un groupe enterré vivant prêt à ressurgir dans nos pires cauchemars. Pas facile d’accès, certes, mais dans cet océan de guimauve musicale, la radicalité des Liars fait du bien.