En kiosque actuellement Commander

A lire

Le talent de producteur de Mark Bell ayant séduit les gros bonnets de la pop électronique (Björk et Depeche Mode), l'ombre de LFO a donc plané sur quelques disques parmi les plus marquants de ces dernières années. Mais physiquement, le groupe semblait avoir disparu depuis la démission de son coleader, Gez Varley. C'est d'ailleurs sous son propre patronyme que Bell sortait jusqu'alors et au compte-gouttes sa musique. Comme si le nom de LFO ne pouvait subir l'affront de la médiocrité. Aujourd'hui enfin, Mark a repris la commande de sa machine favorite et livre un troisième album à la hauteur de sa réputation. S'il a évolué depuis Advance, ses textures sonores, elles, restent identifiables, voire identiques. Sheath est apparemment un tissage synthétique de motifs simples. Les progressions harmoniques vont rarement au-delà du blues le plus élémentaire. Pourtant, malgré une palette sonore presque monochrome, Bell parvient non seulement à créer un univers varié et cohérent mais surtout à générer de multiples émotions. Depuis les beats oppressants de Blown jusqu'aux douces consolations de l'épilogue (Premacy) en passant par le chant d'une machine mélancolique (Unafraid To Linger) et une complainte psychédélique (Nevertheless), chaque titre est réellement fascinant. Certes, l'album se révèle bien moins immédiat que les deux premiers, sans doute à cause de ses sons de synthèse désormais un brin en décalage avec leur temps. Cela lui confère d'ailleurs un charme certain auquel les fans des débuts ne seront pas insensibles. À l'arrivée, Sheath est un disque riche et abordable, même loin des pistes de danses qui ont valu au groupe ses plus grandes heures de gloire.
Sylvain Collin
MAGIC RPM  #75

Les 20 derniers articles ( Chronique d'album )