Recevoir des nouvelles des Négresses Vertes est toujours réjouissant, a priori. Le dernier album en date (Trabendo), véritable merveille de composition et de production, entre l'analogique charnel et le numérique chill-out, n'a pourtant pas rencontré son public. La faute à qui ? À Virgin ou au groupe ? Toujours est-il que Trabendo est passé, anonyme, à la trappe. Un scandale doublé d'un gâchis qui fait mal au coeur. Mellino et sa bande reviennent quand même nous glisser quelques mélodies au creux de l'oreille sous la forme d'un disque pour le moins énigmatique. Acoustic Clubbing regroupe en effet quatorze titres emblématiques de la carrière du groupe. Ni live en public, ni album-studio véritable, ce disque ressemble fortement à une réunion de famille. Oui, mais quel en est l'objet véritable ? Est-ce à un deuil ou à une (re)naissance que nous sommes conviés indirectement ? Le parti-pris de l'acoustique, cette humilité, ce ton direct, mais aussi cette grande sobriété dans l'interprétation de certains titres (Voilà L'Été), pourrait, paradoxalement, mettre mal à l'aise. Ce n'est sans doute pas le but recherché, mais on était plus habitué à cette gravité sur des chansons comme Face À La Mer, également présent. De cette réunion des LNV (nouvelle appellation officielle du groupe ?), on retrouve pourtant bien l'âme des musiciens, vieux amis et complices. On imagine leurs regards se croiser pendant les prises. Que se disent-ils ? Combien de souvenirs remontent à l'interprétation de ce qui ressemble décidément trop à un baisser de rideau ? Puissent Les Négresses me donner tort...