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The Boxer de Kele

chronique d'album
Au moment de leurs parutions, les albums solo de Thurston Moore, Alec Ounsworth ou Julian Casablancas permirent de mesurer l’importance de leurs rôles au sein de leurs groupes respectifs et, accessoirement, de les voir creuser, avec bonheur, certaines de leurs obsessions créatives. Ceux qui attendaient la même démarche du Londonien Kele Okereke en seront pour leurs frais : à des années-lumière de Bloc Party, groupe dans lequel, faut-il le rappeler, notre homme chante et joue de la guitare électrique comme un Dieu, The Boxer choisit d’explorer cette grande inconnue qui lui donne le vertige en club, la dance music. Au risque de passer, il n’y coupera pas, pour un kéké !

Car si la réputation du géant noir en matière de rock n’est plus à faire, ses expériences récentes en compagnie d’Alex Epton (Spank Rock) sont loin de susciter la même unanimité. Ce qui, tout bien pesé, est plutôt rassurant pour l’avenir de Bloc Party… Suite à son KO programmé sur le dancefloor, notre boxeur d’un jour devrait logiquement rejoindre le giron de la maison mère où, il faut le dire, il fait preuve d’un bien meilleur goût. Au point de se demander comment il a ainsi pu se laisser abuser, de rythmiques archiconvenues (Walk Tall, Rise, le single Tenderoni) en arrangements aussi simplets (Unholy Thoughts, New Rules, Yesterday’s Gone) ? Seule, sa voix sauve l’ensemble du zéro pointé, mais ne saurait en aucun cas justifier l’écoute de cette faute de parcours. Sans rancune, on retourne au Boxer (2007) de The National, en attendant le prochain Bloc Party.
Renaud Paulik
MAGIC RPM  #143

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