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A Sleep & A Forgetting de Islands

chronique d'album
Une rupture et un changement de fuseau horaire, c’est bien chamboulé que Nick Thorburn fait son entrée dans le club des trentenaires. Mais avec un grand disque sous le bras. Désormais sis à Los Angeles après avoir quitté New York et un amour éteint, le Canadien fantasque a trouvé refuge auprès d’un piano, sur lequel il a composé les onze chansons de A Sleep & A Forgetting, les plus douces jamais enregistrées par Islands, qui nous avait jusque-là plutôt habitué à la marrade multi-instrumentée. Enregistré en une quinzaine de jours, ce quatrième album respire la simplicité, joue ses mélodies sur des tempos calmes et des arrangements soyeux. Pas vraiment de déprime pour autant, plutôt une mélancolie apaisée et rêveuse qui infuse chaque chanson, quelque chose d’enveloppant et chaleureux.

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Rythmique légèrement chaloupée, guitare rythmique discrète, piano et chœurs,
In A Dream It Seemed Real imprime d’emblée une vraie élégance, jamais démentie au fil d’une grosse demi-heure parfaite. Ballades décontractées (orgue et cordes sur la somptueuse This Is Not A Song, guitare surannée sur No Crying) et étincelles pop (claviers roulants des imparables Never Go Solo, Hallways et Can’t Feel My Face) côtoient des chansons moins vaillantes (la sombre Don’t I Love You). L’air de rien, en capsules de trois minutes, l’écriture de Nick Thorburn atteint des niveaux assez sidérants, notamment sur Lonely Love, où son chant a rarement été si vibrant. Same Thing offre une conclusion étonnamment résignée à ce beau disque de rupture, ballade endolorie au pouls puissant, qui accepte la banalité du dépit amoureux, l’entend dans les chansons à la radio, mais revient à un questionnement plus intime, tendu vers l’avenir avec inquiétude : I can't wait to see what becomes of me/The ease with which I sleep tends to frighten me.
Vincent Théval

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