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Une chose est sûre, on ne peut que s'incliner devant la longévité d'Indochine qui, il y a vingt ans, faisait connaître au public français son fameux mélange de rock et de BD. Groupe culte pour les uns, sujet de plaisanterie pour les autres, la formation a même su renouveler en partie un public qui ne se réduit plus à d'incorrigibles trentenaires attardés. Même si elle ne compte plus qu'un membre d'origine, Nicola Sirkis, depuis la tragique mort de son jumeau. Avec Paradize, le groupe a décidé de s'entourer beaucoup, histoire de tromper la solitude : Melissa Auf Der Maur, Gérard Manset, Jean-Louis Murat, Mickey 3D et les écrivains Camille Laurens et Ann Scott. Tout ce beau monde pour un disque destiné à rester un peu dans le coup, et clore la trilogie entamée par Wax (1996), alors qu'Indochine est entre autres adoré pour ce qu'il représentait, à savoir un certain kitsch années 80. La couleur choisie est celle d'un rock indus tendance glam (pas étonnant qu'un titre s'appelle Marilyn), avec à l'occasion quelques résurgences new-wave (Le Manoir). Plutôt lourd dans l'ensemble, avec quelques lueurs (Un Singe En Hiver, écrite par Murat, Le Grand Secret). Mais ce qui ravira les fans invétérés, c'est cette candeur inimitable qu'on retrouve dans les textes et les photos de pochette. Et qui, à ce stade, constitue une transcendance sublime. Ado un jour, ado toujours...
Gilles Duhem
MAGIC RPM  #61
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