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À l'écoute de ces morceaux en 3D, il semble que le tandem ait minutieusement travaillé chaque parcelle sonore. Et l'ensemble conserve cette ambiance fantomatique (les étranges, cinématiques et bien nommés The Passing Presence ou I Am Here, I Am Gone). Si The Metallic Year comptait peu de titres, se glissent ici plusieurs interludes, tout en (supposé) didgeridoo (Etchum Boy), dissonances et rythmiques boiteuses (Window Faces), sons à la pureté parfaite (Nuclear Wind), ou ambient lunaire (Welcome Away). Tout l'intérêt réside dans le traitement du son : on reconnaît le toucher de Tucker, dont certains morceaux (le liturgique et habité Slate Grey Light, le très Nick Drake Heir Looms) auraient pu figurer sur son magnifique Dorwytch (2011). Classiquement folk, ce songwriting subit de charmants outrages sonores, les morceaux déraillant pour mieux s'enrichir. Finalement, en s'emparant de deux formes antiques (folk anglais pastoral d'un côté, expérimentations électroniques primitives de l'autre) Tucker et Beban dessinent une belle “uchronie” : que se serait-il passé si… ? Quarante ans après, Imbogodom donne un joli début de réponse.
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