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De sa space pop habillée de cordes et d’électronique qui faisait son identité depuis douze ans, il n’a gardé que l’intention d’écrire de très belles chansons à tenir serré contre soi sous le pull-over. En jacquard et laine vierge, le pull-over. Le bois remplace ainsi l’ordinateur, et son timbre neutre voire robotique gagne en chaleur. Les doigts tout tachés d’encre, l’esprit en fleurs, Marc Bianchi a exploré des facettes de son imagination qu’il gardait jusqu’ici sous scellés, pour irriguer son écriture narrative aux perspectives pivotantes. Cette radieuse ouverture trouvée correspond à un son idoine, mijoté en groupe – une autre nouveauté.
Avec ses comparses Andrew Kenny, Mike & Jared Bell, l’artiste emblématique de Wichita jongle avec ses instruments sans en casser un seul. Le banjo exulte, la batterie s’ensable, les clappements de mains croustillent, la boîte à musique et le réveil marquent le début et la fin du rêve… La voix, actrice d’un roman désabusé, affiche un accent americana très savoureux. Elle nasille comme un Mike Love, prêche à la manière d’un Dylan, ne lâche jamais ses petites histoires amères trempées dans le soleil, ce grand falsificateur d’émotions.
Au fil de l’écoute, les faux-semblants offrent un relief goûtu au tableau : un adorable xylophone accompagne une bluette mortifère (The World Will Deem Us Dangerous), un orgue pesant emmène le folk sur la voie de garage (No More Good Ideas). Et dans cette œuvre collégiale, le thème de la solitude s’installe au cours d’un magnifique diptyque (The Truth Hurts So This Should Be Painless/The Heartbreak Moment). Comme le panda, l’homme a la peau maculée de taches. Il porte les stigmates de sa tristesse tatoués sur le corps, mais invite à la tendresse.
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