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En comptant un album de remixes l’an passé (Health Disco, réalisé avec un petit coup de main de Crystal Castles), Get Colorest déjà le troisième Lp de Health, et on ne comprend toujours pas pourquoi il faudrait s’esbaudir. Célébré par chez lui, le quatuor de L.A. mise sur une formule crâneuse en ce qui concerne le bon goût, du moins sur le papier : My Bloody Valentine + Trans Am + Liars (vous rajoutez Silver Apples si vous être plus érudit). À l’écoute, l’impression est moins flatteuse. La jeune formation débute chaque composition sur les chapeaux de roue et, moins de deux minutes après, se demande bien comment atterrir ou conclure, une attitude finalement moins punk que révélatrice d’un manque flagrant de perspectives.

Pire encore, elle paraît s’en contenter. Trop présomptueux pour un groupe qui se définirait comme bruitiste ou expérimental, Health est l’un de ces pourvoyeurs de réverbérations qui pensent avoir réinventé la poudre alors qu’ils peinent seulement à mettre le feu. Quoique malignement orchestré, ce chaos-là n’est jamais fulgurant ou dangereux. Il en résulte seulement une impression désagréable, celle d’une folie qui est simulée. Cruellement privé d’une vision d’ensemble, et malgré l’addition des râles évanescents empruntés à Bilinda Butcher, Health est, avec Wavves, l’autre groupe noisy et surestimé du moment.
Julien Welter
MAGIC RPM  #136

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